lundi 26 septembre 2016

Syrie : Lavrov répond aux accusations de Washington et Paris et contre-attaque



l'entretien sous-titré en anglais :

Transcription :
 Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'émission "Les Nouvelles du samedi", New York, 24 septembre 2016
 
Question: Je voudrais revenir à la réunion de mardi (20 septembre) sur la Syrie. Avant cette rencontre, vous vous étiez entretenu avec le Secrétaire d’État américain John Kerry à huis clos. Si ce n'est pas un secret, que lui avez-vous dit: "John, qu'est que tu as fais, nous avions un accord mais les USA ont quand même attaqué les forces gouvernementales syriennes"?

Sergueï Lavrov: Les Américains ne s'en cachent pas. Ils disent que c'est une erreur et présentent aux Syriens leurs excuses par notre intermédiaire.

Question: Ils ont tout de même présenté leurs excuses au Président syrien Bachar al-Assad? Le New York Times a écrit qu'ils l'avaient fait.

Sergueï Lavrov: Oui, ils ont présenté leurs excuses. La situation est assez étrange. J'ai dit au Secrétaire d’État américain John Kerry, puis à la réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), que la situation à Deir ez-Zor, contrairement à Alep où la ligne de démarcation change constamment, était statique depuis plus de deux ans. Les forces syriennes y sont encerclées par Daech.

Nous larguons régulièrement de l'aide humanitaire et d'autres produits vitaux par avion. L'Onu procède également à des parachutages d'aide humanitaire. Ce sont des faits connus. Il est très difficile de croire que les équipes de reconnaissance de la coalition menée par les États-Unis contre Daech sur tout le territoire syrien (c'est Daech qui a encerclé les forces gouvernementales) ait pu oublier la position des différentes parties. Je ne veux accuser personne.

Nos collègues des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pensent qu'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives concernant les causes de la tragédie du convoi humanitaire ayant quitté la Turquie le 19 septembre, qui a été attaqué. J'ai déjà entendu des accusations contre l'aviation russe ou syrienne. Nous en avons parlé avec le Secrétaire d’État américain John Kerry, à qui j'ai répété que l'aviation russe ne se trouvait pas dans cette zone au moment de l'attaque. L'aviation syrienne ne pouvait pas y être non plus car l'attaque a eu lieu de nuit, or l'armée de l'air syrienne n'a pas la possibilité de voler dans ces conditions. L'attaque a eu lieu quand le convoi était en cours de déchargement à l'Est d'Alep. Nos spécialistes militaires ont également fait plusieurs déclarations concernant notre suivi du passage de ce convoi depuis un drone. Comme nous l'avons noté, une camionnette disposant d'un lance-roquettes se déplaçait avec le convoi - on ignore comment un dispositif si faible permet de protéger un convoi humanitaire. Tout cela a été déclaré par nos militaires. Nous avons diffusé ces données à l'Onu afin que tout le monde reçoive l'information de première main, et non d'un observatoire à Londres auquel on se réfère constamment comme étant la vérité de dernière instance. Nous avons rappelé à nos collègues que quand il fut pour la première fois question d'utiliser la route de Castello pour acheminer l'aide humanitaire (le 26 août lors de notre avant-dernière rencontre avec John Kerry à Genève), ce jour-là l'Onu avait annoncé qu'un convoi humanitaire déjà chargé était prêt à partir vers Alep. Le gouvernement syrien a confirmé sa volonté de coopérer avec les Nations unies en la matière. Mais le même jour, les hommes qui contrôlent l'Est d'Alep et se font appeler "conseil local" ont déclaré qu'ils attaqueraient ce convoi s'il empruntait la route de Castello. L'Onu a alors marqué une pause pour tenter de les persuader pendant quelques jours, mais en vain - ni fin août ni début septembre. Je n'affirme rien. Je dis simplement que les convois humanitaires qui passent par la route de Castello font l'objet de menaces claires et directes. Il faut mener une enquête. La première démarche à engager est probablement de présenter les obus qui ont touché ce convoi. On a d'abord annoncé qu'il s'agissait de pièces d'artillerie puis cette information a rapidement disparu. Ensuite on a parlé hélicoptères. Je pense que les munitions permettront de tout comprendre. Comme dans toute autre situation, c'est élémentaire et cela doit être la première phase de l'enquête. Cette étape avait déjà été omise par ceux qui enquêtaient sur la catastrophe du Boeing dans le Donbass en Ukraine. Aujourd'hui, je n'ai entendu personne accuser l'aviation russe ou syrienne.

Nous avons principalement évoqué la nécessité de sauver le cessez-le-feu. Nous avons publié le texte de l'interview détaillée accordée lundi par Sergueï Roudskoï, chef de la Direction générale opérationnelle d’État-major des Forces armées russes, qui est désormais un document officiel du Conseil de sécurité des Nations unies expliquant clairement les démarches que nous avons entreprises et comment nous avons travaillé avec le gouvernement syrien pour qu'il respecte le cessez-le-feu. Le document souligne également qui ne le respecte pas. Plusieurs groupes d'opposition ont déclaré qu'ils respecteraient la trêve mais plusieurs dizaines de groupes l'ont rejetée et ont annoncé qu'ils ne coopéreraient pas.

J'ai cité cet exemple à plusieurs reprises: nous insistions pour inscrire le groupe Ahrar al-Sham sur la liste des organisations terroristes. Il y a un an les Américains le prônaient également. Certains pays de la région ont dit qu'ils ne considéraient pas ce groupe comme terroriste car ils n'en avaient pas la preuve. Au final, pour avancer plus vite dans le processus de paix nous avons laissé Ahrar al-Sham en dehors de la liste, en y maintenant seulement le Front al-Nosra et Daech. Quand l'accord russo-américain a été annoncé, Ahrar al-Sham a déclaré qu'il ne le soutiendrait pas car le Front al-Nosra y est désigné comme un groupe terroriste et "qu'en réalité le Front al-Nosra est une organisation d'opposition normale" avec laquelle Ahrar al-Sham coopère activement. Aujourd'hui à la réunion du GISS, j'ai rappelé nos propositions d'il y a un an et souligné que les déclarations actuelles des leaders de ce groupe nous poussaient à revenir sur la question de son inscription sur la liste terroriste.

Question: A peine aviez-vous conclu un accord avec le Secrétaire d’État américain John Kerry que le chef du Pentagone Ashton Carter annonçait s'y opposer.

Sergueï Lavrov: Vous savez que nous ne nous ingérons pas dans les affaires intérieures d'autres pays.

Question: Mais même dans un journal aussi libéral et pas du tout pro-russe comme le New York Times, ce fait a été mentionné. D'autres observateurs admettent que les USA auraient pu frapper sciemment les forces gouvernementales syriennes, qu'il s'agirait d'une "fraction du parti de la guerre".

Sergueï Lavrov: Il y a probablement des individus qui appliqueront aux événements la "théorie du complot".

Question: Autrement dit, John Kerry est un "pigeon" et le Pentagone est un "faucon".

Sergueï Lavrov: Je constate également qu'il n'y pas beaucoup d'entente entre eux. Nous ne nous ingérons pas dans leurs relations intérieures et nous partons seulement du fait que ce qui a été obtenu le 9 septembre à Genève, ce qui a été convenu avec John Kerry avec la participation de nos militaires et représentants des services de renseignements a été fait en parfaite conformité avec les accords du Président russe Vladimir Poutine et de son homologue américain Barack Obama conclus trois jours plus tôt en Chine, quand ils s'étaient entretenus pendant deux heures avec nous et d'autres conseillers pour convenir des principes de base de l'entente. À Genève il nous restait seulement à tout rédiger par écrit, même si ce n'était pas simple – cela a pris plus de 16 heures. Néanmoins, cela a été fait sur directive directe de nos deux présidents, dont le chef des armées US Barack Obama. Je pars du principe que tous ceux qui, au sein des structures officielles, sont concernés par les questions militaires aux États-Unis, doivent obéir aux ordres du chef des armées.

Question: Peut-on craindre qu'après le départ de Barack Obama (il lui reste peu de temps) tous ces accords tombent en poussière?

Sergueï Lavrov:  Nous n'en avons pas parlé. Nous ne lisons pas dans le marc de café mais discutons de choses concrètes. Il y a des accords entre deux présidents et il faut les remplir.

Question: Dans l'ensemble, le cessez-le-feu a échoué. Peut-on relancer le décompte?

Sergueï Lavrov : Comme je l'ai déjà dit, nous avons diffusé le document de l’État-major des Forces armées russes décrivant en détail pourquoi la situation actuelle rendait ces accords inutiles.

Mais nous ne voulons pas qu'une véritable guerre civile éclate. Nous avons beaucoup de mal à la contenir dans certaines zones, à repousser les terroristes. Il ne serait pas correct de perdre tout cela.

Je l'ai répété aujourd'hui pendant la réunion du GISS: si, encore une fois, tout se résumait à des demandes de démarches unilatérales de la part de l'aviation russe et syrienne - par exemple accorder encore une pause de 3-4 jours pour convaincre tous les opposants que c'est sérieux, qu'ils doivent se distancer du Front al-Nosra - nous ne prendrons plus ces propos au sérieux. Au cours des derniers mois nous avons déjà accepté plusieurs concessions en annonçant une trêve autour d'Alep pour 48 et 72 heures, pour constater à chaque fois que ces trêves avaient été utilisées pour renforcer les combattants en effectifs, en nourriture et en armes - y compris pour le Front al-Nosra.

Aujourd'hui, le cessez-le-feu ne pourra être établi que sur une base collective. Nous ne devons rien prouver à personne à titre unilatéral mais on doit nous prouver qu'il s'agit d'une volonté sincère de distinguer les opposants qui coopèrent avec la coalition américaine du Front al-Nosra, puis éliminer ce dernier, et faire en sorte que les opposants rejoignent le processus de paix. Si on ne nous prouvait pas cela, nous soupçonnerions encore davantage que tout cela a été provoqué pour préserver le Front al-Nosra. Ces derniers jours, au lieu d'une séparation entre les groupes d'opposition et cette structure nous constatons, comme c'est dit dans le communiqué de l’État-major des Forces armées russes, une fusion des groupes d'opposition. J'ai déjà mentionné Ahrar al-Sham et beaucoup d'autres pensent également qu'ils sont plus proches de l'organisation terroriste.

L'unique solution pour moi serait seulement de mettre en œuvre les accords de cessez-le-feu par tous dans un travail conjoint honnête, au lieu d'avancer des exigences unilatérales de faire un "geste de bonne volonté" dans l'espoir que cela porte ses fruits à terme.

Version en russe

Pierre Jovanovic : les dernières nouvelles de nos amis banquiers


Olivier Pichon reçoit Pierre Jovanovic, journaliste et écrivain.

1) Les banques ne créent pas la richesse elles la transfèrent.

- Les mois d’été période propice aux manœuvre financières et banquaires, quelques précédents historiques.
- La loi Sapin II, vous ne pourrez pas racheter le capital de vos assurances -vie.
- Et toujours les taux d’intérêts nuls ou négatifs !
- Lord Rothschild : « Nous entrons en terre inconnue ! »
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- Chercher un bouc émissaire ! Poutine ?
- Tempête sur la Deutsche Bank
- Les banques centrales ne nous sauveront pas ! Des bilans bancaires astronomiques !

2) Des pratiques bancaires plus que douteuses.
- WELLS Fargo, ou comment siphonner les comptes de la clientèle.
- Quels contre-pouvoirs  quand les banques achètent les journaux ?
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- Quels scenarios en cas de remontée des taux ?
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- Alerte au sud : banque Santander (Espagne) Monte dei Paschi di Siena (Italie)
- Retour sur la Deutsche Bank, nationalisation ou rachat par la Commertz Bank, le silence de Merkel.
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- La chine n’achète plus la dette US.
- La France vend ses bijoux de famille, Servair, Alsthom.
- La France de la souveraineté industrielle perdue depuis 2008.


Suite la semaine prochaine : la fin du règne du Dollar ? L’or en pointe, les monnaies en berne.

http://www.tvlibertes.com/

Olivier Delamarche : "Aujourd'hui la banque centrale ne fait rien et n'a jamais rien fait"


Olivier Delamarche, associé et gérant chez Platinium Gestion, et Pierre Sabatier, président de Prime View. - Intégrale Placements, du lundi 26 septembre 2016

Nicolas Sarkozy : "Je souhaite la victoire d'Hillary Clinton"

Le saviez-vous ? 1 supporteur d'Hillary sur 3 est juste aussi stupide que les 2 autres

Nicolas Sarkozy : "Je souhaite la victoire d... par Europe1fr

J'espère maintenant que les chroniqueurs politiques qui passaient leur temps à comparer Donald Trump et Sarko en prenant des airs entendus vont se faire plus discrets. Je dis bien :"j'espère".

Voir les aventures de Pepe, la grenouille anti-Clinton :

Pepe #1
Pepe #2

Charles Sannat : "Le dollar ne s'effondrera pas"



Je reste particulièrement fasciné par les évolutions de la réalité. Lorsque j’étais enfant, parler de la « Pravda » c’était parler d’un média qui ne disait rien, où tout était contrôlé, ou aucune liberté de parole n’était ne serait-ce qu’envisageable en dehors de la ligne du parti.
Et puis l’ex-URSS s’est effondrée, la toute puissance américaine s’est exprimée sans plus de retenue, et j’ai vu ce lent glissement d’une liberté totale ou presque dans le monde « libre » vers de plus en plus de censure ou d’autocensure.
Dans le même temps, la « Pravda », elle, s’ouvrait et faisait sa révolution. Les attentats du 11 septembre ont sonné le glas des droits civiques, des libertés fondamentales ou de l’absence de fichage. J’ai grandi dans un monde post-Seconde Guerre mondiale, traumatisé encore par les massacres nazis. Dans un tel monde, le fichage donnait des boutons.
Désormais, les opposants ne partent plus à l’Ouest mais vers l’Est, où ils sont accueillis à Moscou. De façon moins grave, vous avez plus de liberté de ton aujourd’hui sur la Pravda que n’importe quel média français, pour peu qu’il vous donne la parole…
Un renversement surprenant des choses que nous devrions collectivement analyser et méditer.
Charles SANNAT
Insolentiae.com

samedi 24 septembre 2016

Pourquoi Ironman devrait s'abstenir de donner des consignes de vote (Pepe la Grenouille #2)


Suite des aventures de Pepe :
Pepe la grenouille répond à la vidéo des stars d'Hollywood appelant les électeurs US à leur "sauver la mise" [Save the day] sous-entendu "votez pour Hillary, pour sauver nos privilèges!".
Pepe s'adresse ici en particulier à Robert Downey Jr. alias "Ironman"...
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Voir l'épisode précédent : Pepe la grenouille, traitée de "raciste" par Hillary répond!