mardi 29 décembre 2009

"Ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre"


Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.


Que vous inspire le débat sur l'identité nationale ?

Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.

Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.

On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...

Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.

Comment qualifiez-vous cette droite ?

Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.

Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.

La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !

Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?

On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.

Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.

Quels sont les points de comparaison avec cette période ?

Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.

La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?

Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.

C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...

L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.
Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi

Le Monde

dimanche 27 décembre 2009

Nous n'avons rien oublié



Le 27 décembre 2008, en trois minutes, quatre-vingt bombardiers F16 des forces de l’air israéliennes larguaient plus de cent tonnes d’explosifs en allant du nord au sud, de Beit Hanoun jusqu’à Rafah.
C’était le début de l’agression barbare dite « Plomb durci »...

Quelques petits supplétifs de l'état sioniste criminel se sont évertués à "signaler" à Youtube le clip vidéo de la chanson de Michael Heart que j'avais posté ici-même il y a un an, comme "pouvant comprendre des contenus pouvant offenser certains utilisateurs."
On devine aisément quels utilisateurs...

Peine perdue, des centaines d'internautes tenaces et déterminés s'emploient depuis à ridiculiser la minable tentative de censure sioniste en le diffusant sans relâche pour qu'il puisse être vu par le plus grand nombre (au moins 2 millions de clics à ce jour).
Merci à eux.

La lutte continue.


A blinding flash of white light
Lit up the sky over Gaza tonight
People running for cover
Not knowing whether they're dead or alive

They came with their tanks and their planes
With ravaging fiery flames
And nothing remains
Just a voice rising up in the smoky haze

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die
We will not go down
In Gaza tonight

Women and children alike
Murdered and massacred night after night
While the so-called leaders of countries afar
Debated on who's wrong or right

But their powerless words were in vain
And the bombs fell down like acid rain
But through the tears and the blood and the pain
You can still hear that voice through the smoky haze

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die
We will not go down
In Gaza tonight


lundi 21 décembre 2009

Chavez : "Ce sont des Yankees. Ils entrent au Venezuela. Nous ne pouvons pas permettre cela"


Le président Hugo Chavez a accusé dimanche les Etats-Unis d'avoir violé l'espace aérien du Venezuela avec un avion inhabité, et il a ordonné à ses militaires de se placer en alerte pour abattre ces appareils-espions à l'avenir.

S'exprimant lors de son programme radio-télévisé hebdomadaire, le président a indiqué que le drone avait survolé une base militaire dans l'ouest de l'Etat de Zulmia, en partant de la Colombie voisine.

"Ce sont des Yankees. Ils entrent au Venezuela. Nous ne pouvons pas permettre cela" a resumé le président, ajoutant qu'il avait donné l'ordre de les abattre.

Les Etats-Unis et la Colombie affirment que leur présence dans la région vise seulement à combattre les trafiquants de drogue. AP

L'aveu


Israël a reconnu que dans les années 1990, ses médecins légistes avaient collectés les organes de corps morts, notamment sur des Palestiniens, sans autorisation des familles.

L'aveu apparaît dans l'interview du Dr Jehuda Hiss, ancien directeur du principal institut médico-légal israélien, Abu Kabir. Il concède que des organes ont été prélevés sur des corps, notamment palestiniens, au cours des années 1990, sans demander l'accord des familles des défunts.

Le Dr Hiss a fait ces déclarations en 2000 à un universitaire américain. Ce dernier a décidé de ne le rendre public maintenant en raison d'une controverse qui a éclaté l'été dernier. Un article d'un journal suédois avait laissé entendre que des soldats israéliens tuaient des Palestiniens pour faire commerce de leurs organes. Des allégations qu'Israël a vivement démenties.

Des extraits de l'entretien ont été diffusés ce week-end sur la 2e chaîne de télévision israélienne. Le Dr Jehuda Hiss précise que des cornées ont été prélevées sur des cadavres "de manière extrêmement informelle. Aucune autorisation n'était demandée à la famille".

En réponse à ce reportage, l'armée israélienne a reconnu que les faits avait eu lieu. L'activité a cessé il y a dix ans, et cela n'arrive plus" d'après un communiqué de Tsahal repris par la télévision.

Dans son interview, l'ancien responsable raconte comment les médecins dissimulaient l'ablation. "Nous collions les paupières fermées". "Nous ne prenions pas de cornées quand nous savions que les familles ouvriraient les yeux".

De nombreux éléments sont apparus au grand jour quand Hiss a été démis de sa charge à l'institut en 2004, en raison des irrégularités dans l'emploi des organes prélevés. Néanmoins, les poursuites criminelles à son encontre ont été abandonnées, et il travaille toujours à l'institut comme pathologiste en chef.

Hiss a dirigé l'institut à partir de 1988. Mais d'après lui, dès 1987, des chirurgiens militaires avaient utilisé de la peau prélevée sur des corps pour des greffes de brûlés. Hiss affirme qu'il pensait à l'époque que les familles avaient donné leur accord. Les prélèvements auraient cessé en 2000.

Il y a eu de plaintes de familles de malades, de personnes accidentées et de victimes des violences

israélo-palestiniennes, mais pas de preuves de la véracité de l'article du quotidien suédois Aftonbladet, selon lequel des soldats auraient tué des Palestiniens pour prélever leurs organes.

L'auteur de l'entretien, Nancy Scheper-Hugues, professeur à Berkeley, a décidé de publier l'interview en réponse à la controverse soulevée par l'article du journal, qui avait créé des tensions diplomatiques. Pour cette anthropologue, la pratique symbolique de prendre la peau de l'ennemi a été reconsidérée. Pour le ministère de la santé israélien, les directives à l'époque n'étaient pas claires. AP

Obs

vendredi 18 décembre 2009

Quelque chose de pourri au royaume de Danemark


Les états soi-disant unis veulent se servir du prétexte du "réchauffement climatique" pour tenter de réchauffer leur hégémonie (assez refroidie mais pas complètement morte) sur le "ROW" (a.k.a. : le reste du monde).
Voila ce qui se joue vraiment au sommet de Copenhague.
Ne comptons pas, bien entendu, sur nos états carpettes de l'union soi-disant européenne pour leur opposer une quelconque résistance. Leur soumission à l'Empire-qui-n'est-pas-encore-mort-mais-qui-sent-quand-même-un-peu-bizarre est telle qu'il ne faut sérieusement rien attendre de ce coté-là.
Le Center on Climate Change and National Security, opportunément créé au mois d'octobre dernier, une nouvelle antenne de la CIA dédiée à la surveillance du "ROW", est déjà sur le pied de guerre prêt à étendre ses tentacules sur la planète.
Pour l'instant, seuls les chinois, pas fous, s'opposent mordicus à ce beau projet. Tout se joue là. Les chinois ne cèderont pas. Hors de question pour eux de permettre légalement à la CIA de les surveiller via leurs réseaux satellitaires espions et autres.
Il est évident que tous ceux qui cèderont aux désidératas de l'oncle Sam, n'obtiendront comme d'habitude, rien en échange, si ce n'est quelques vagues promesses de se voir offrir quelques poignées de papier-toilette-avec-la-tête-de-Georges-Washington-joliment-dessiné-dessus.
Autrement dit que-dalle.
Et ça, les chinois le savent et de toute façon, du papier toilette (le principal produit d'exportation des U-soi-disant-SA), ils en ont déjà tellement plein les coffres qu'ils vont pouvoir se torcher avec pendant plusieurs siècles.
On la leur fait pas.

Reste que tout ce cirque de Copenhague est fort distrayant.
Il y a bien quelque chose de pourri, en ce moment, au royaume de Danemark...

PS : pour en savoir un peu plus, écoutez l'interview de David Mascré, professeur de géopolitique à l’Ecole des Hautes Etudes en Relations Internationales sur FRANCE 24 :

mercredi 16 décembre 2009

Pourquoi nous occupons l'Afghanistan


Selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), des milliards de dollars provenant du trafic de drogue ont permis au système financier mondial de se maintenir la tête hors de l'eau au plus fort de la crise financière en 2008, rapporte le journal dominical. "Dans bien des cas, les liquidités provenant de l'argent de la drogue étaient les seules liquidités disponibles... Des prêts interbancaires ont été financés par de l'argent de la drogue et d'autres activités illégales. Nous avons des indications que des banques ont été sauvées avec cet argent," a déclaré au journal le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa. Des preuves en ce sens proviendraient d'informations fournies par des fonctionnaires suisses, italiens et britanniques, précise The Observer.

Courrier international

mardi 1 décembre 2009

Ainsi s'en vont les empires

Visualizing empires decline from Pedro M Cruz on Vimeo.


Une amusante et parlante visualisation du déclin des quatre grands empires Européens par l'artiste portugais Pedro Cruz.

Sic Transit Gloria Mundi

Défaite de l'Invincible Armada (1588)
Peinture de Philippe-Jacques de Loutherbourg (1796)

Il fut un temps où la glorieuse Royal Navy dominait fièrement les océans du globe, se permettant de mettre la pâtée à l'Invincible Armada du roi d'Espagne.
Elle en est réduite aujourd'hui à s'exciter sur une bouée d'exercice rouge et jaune et à demander pardon quand elle se fait choper...
Bonjour tristesse.


Le Royaume-Uni a présenté ses excuses à l'Espagne après que la Royal Navy ait utilisé une bouée aux couleurs espagnoles pour cible lors d'un exercice de tir.
L'exercice a eu lieu au large de la côte de Gibraltar au début de cette semaine. L'ambassadeur britannique a été convoqué au ministère des Affaires étrangères à Madrid pour s'expliquer.
Selon la presse locale, la marine a hâtivement retiré la bouée, qui était surmontée d'un drapeau aux couleurs rouge et jaune, quand elle a été approchée par une vedette de la police espagnole mardi.
L'ambassadeur Giles Paxman a concédé une erreur de jugement.

Tout en reconnaissant que la cible pouvait apparaitre "similaire" au pavillon espagnol, il a soutenu que ce n'était pas ce qu'elle était censé représenter.

L'Espagne et Gibraltar Carte

Et il a assuré ses hôtes qu'il n'y aurait pas de répétition de l'incident.
Plus tard, le ministère britannique de la Défense a précisé que les couleurs étaient celles d'un drapeau de signalisation maritime utilisé par l'Otan.
Le "HMS Scimitar a utilisé le 'drapeau No1' pendant l'exercice de tir - et non le drapeau national espagnol", a déclaré un porte-parole.
"Le Drapeau No1 est traditionnellement utilisé sur des cibles de tir en raison de sa grande visibilité - toutefois, nous reconnaissons sa ressemblance avec le drapeau national espagnol et utiliserons un marqueur de remplacement durant la pratique du tir dans ce domaine à l'avenir."
Gibraltar reste la source de tensions persistantes dans une relation par ailleurs bonne entre le Royaume-Uni et l'Espagne.
Le Royaume-Uni revendique un rayon de trois miles nautiques autour du Rocher de Gibraltar, comme faisant partie des eaux territoriales britanniques.
L'Espagne conteste cette opinion, et ces derniers mois il y a eu quelques échanges verbaux tendus entre la Royal Navy et la police espagnole.
Le principal parti d'opposition espagnol, le Parti Populaire a exhorté le gouvernement à exiger ce qu'il appelle le "respect que l'Espagne mérite».

... Et vive l'unité Européenne!

jeudi 26 novembre 2009

Mardi, Obama annoncera l'envoi de 34.000 hommes supplémentaires...


Pour les plus jeunes, ceci est la photo de Lyndon B. Johnson, qui fit campagne en tant que "candidat de la paix" contre le "faucon" Barry Goldwater aux présidentielles américaines de 1964.

Une fois élu, il fit passer les effectifs de l'armée US au Viet-Nam de 16.000 hommes à 550.000.

AFP

lundi 23 novembre 2009

On est traité comme des Portugais!


Un rapport secret défense britannique met en lumière une hostilité "profonde" entre les commandements militaires américain et britannique en Irak, soulignée lors d'interviews officielles menées par le ministère de la défense auprès de commandants britanniques de retour de mission après la première année de pacification en Irak, de mai 2003 à mai 2004.

Selon le patron des troupes britanniques en Irak, le général de division Andrew Stewart, qui décrit ses homologues américains comme "un groupe de Martiens", "notre capacité à influencer la politique américaine en Irak est minimale". "Tout dialogue leur est étranger", ajoute-t-il, dans le document publié lundi par le Daily Telegraph.

"Malgré notre soi-disant 'relation spéciale' [avec les Etats-Unis], je reconnais que nous ne sommes pas traités différemment des Portugais", affirme par exemple le colonel JK Tanner, chef du personnel de l'armée britannique. Ces déclarations sont rendues publiques à la veille de l'ouverture d'une enquête indépendante sur le rôle de la Grande-Bretagne en Irak qui débute mardi, alors que les troupes britanniques se sont retirées du pays en juillet avec un bilan de 179 morts dans leurs rangs.

Le Monde

GEAB N°39 : Crise systémique globale et "économie-zombie"

Comme anticipé par LEAP/E2020 en Février dernier, faute de refonte majeure du système monétaire international, le monde est bien en train d'entrer actuellement dans la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise systémique globale. Pour l'année 2010, sur fond de dépression économique et sociale, et de protectionnisme accru, cette évolution va ainsi condamner un grand nombre d'Etats à choisir entre trois options brutales, à savoir : l'inflation, la forte hausse de la pression fiscale ou la cessation de paiement. Un nombre croissant de pays (USA, Royaume-Uni, Euroland (1), Japon, Chine (2),…), ayant tiré toutes les cartouches budgétaires et monétaires dans la crise financière de 2008/2009, ne peut en effet plus s'offrir d'autre alternative. Cependant, par réflexe idéologique et pour tenter d'éviter par tous les moyens d’assumer des choix aussi douloureux, ils vont néanmoins tenter de lancer de nouveaux plans de stimulation économique (souvent sous d'autres appellations) alors même qu'il est devenu évident que les formidables efforts publics de ces derniers mois visant à relancer la croissance ne seront pas relayés par le secteur privé. En effet, le consommateur-tel-qu'on-le-connaît-depuis-plusieurs-décennies est bel et bien mort, sans espoir de ressusciter (3). Et comme près de 30% de l'économie des pays occidentaux n'est plus aujourd'hui constituée que de « zombies économiques » - institutions financières, entreprises ou même états dont l'apparence de vie n'est due qu'aux flots de liquidités injectées quotidiennement par les banques centrales, l'inéluctabilité de l' « impossible reprise » (4) est donc confirmée. Le chacun pour soi international et social (au sein de chaque pays) est ainsi programmé tout comme l'appauvrissement généralisé de l'ex-Occident, Etats-Unis au premier chef. C’est en fait à un sabordement de l'Occident qu'on assiste en direct, avec des dirigeants incapables de d'affronter la réalité du monde d'après la crise et qui s'obstinent à répéter les méthodes du monde d'hier dont, pourtant, tout le monde peut constater l'inefficacité. (...)

... Lire la suite sur LEAP2020

vendredi 20 novembre 2009

Robbie Keane, la honte de l'Irlande

Robbie Keane tirant le penalty égalisateur contre la Géorgie

Je suis fatigué de toutes ses leçons de morale dégoulinantes d’hypocrisie à propos du match France-Irlande et de la main de Thierry Henry.
Alors je vais vous raconter une petite histoire qui date de février dernier et qui concerne l’équipe d’Irlande de football.

Or donc, nous voici le 11 février 2009 au stade de Croke Park à Dublin. L ’Irlande reçoit la Géorgie pour un match de qualification à la coupe du monde 2010. En début de match, l’ Irlande commet une grossière erreur défensive et encaisse un but marqué par l’attaquant Géorgien Alexander Iachvili.
Les Irlandais luttent ensuite pendant plus d’une heure pour tenter de revenir à la marque, mais sont incapable d’égaliser.
A la 72eme minute, un grand ballon aérien atterrit à la limite de la surface de réparation géorgienne sur l’attaquant irlandais Robbie Keane qui le contrôle avec l’aide du bras et le perd aussitôt avant qu’un autre joueur Irlandais ne le lui remette instantanément alors qu’il se trouve en position de hors-jeu flagrant. A cet instant, l’arbitre finlandais M. Hyytia siffle de façon totalement incompréhensible un pénalty pour l’Irlande que le sieur Robbie Keane va s’empresser de transformer pour permettre à son équipe de revenir à 1-1. Le même Robbie Keane marquera un deuxième but quelques minutes plus tard à une équipe de Géorgie complètement déstabilisée par l’injustice flagrante qu’elle vient de subir et l’Irlande va s’imposer 2-1, et ainsi rester dans la course à la qualification pour le Mondial sud-africain.


Cela ne vous rappelle rien ?

Robbie Keane affirmera par la suite à la presse qu’il "n’a pas vu l’incident mais que, s’il n’ y avait pas pénalty, et bien, il faut parfois un peu de chance pour s’imposer dans ce jeu."

Il n’a même pas reconnu sa faute de main, pourtant flagrante et parfaitement visible sur les ralentis de la télévision.

La Géorgie a accepté le résultat et n’a pas demandé à rejouer le match.

La fédération Irlandaise n’a fait aucune remarque à la FIFA sur l’arbitrage.

Le sélectionneur italien de l’Irlande Giovanni Trappatoni n’a pas suggéré que l’arbitre aurait dû demander à Robbie Keane s’il avait commis une main.

La presse irlandaise ne s’est pas offusqué contre cette injustice faite à la Géorgie.

Le premier ministre irlandais ne s’est pas fendu d’une missive à la FIFA pour demander de rejouer le match.

Et aujourd’hui Thierry Henry est traité pire qu’un criminel pour avoir fait ce que tous les joueurs de football, à de très rares exceptions près, font à tous les matchs.
Lui, au moins, a reconnu sa faute, ce que Robbie Keane n’a même pas fait.
Et on voudrait lui donner des leçons de morale ?
Et l’Irlande voudrait donner des leçons de morale à la France ?

Quelle hypocrisie grotesque.

Je vais laisser la parole à un célèbre joueur Irlandais (65 sélections) qui lui, sait ce que le mot "dignité" veut dire, Roy Keane (rien à voir avec Robbie), à propos du match France-Irlande :

"Ils peuvent se plaindre tant qu’ils veulent mais la France ira à la coupe du monde - Get over it.

Si j’avais été dans les vestiaires après le match, je n’aurais pas parlé de la faute de main. J’aurais demandé pourquoi les défenseurs n’avaient pas dégagé le ballon car il ne l’ont pas fait.

J’aurais été en colère contre mes défenseurs et mon gardien, pas contre Thierry Henry. Comment peut-on laisser un ballon rebondir dans sa propre zone des 6 mètres ? Comment peut-on laisser Thierry Henry se positionner seul à coté de votre propre but ? Si le ballon pénètre dans mes six-mètres, où diable est mon gardien ?

Ce sont des choses qu’on apprend dans les écoles de football.
L’Irlande a eu ses chances dans les deux matchs et ne les a jamais saisies. Elle a eu ses chances a Croke Park et elle a eu ses chances mercredi.

Elle ne les a pas saisies mais c’est la réaction habituelle de la FAI (fédération irlandaise de football) "nous avons été volé, l’honnêteté du jeu..." C’est de la m... (it’s rubbish)

Il y a eu un match contre la Géorgie où l’Irlande a obtenu un pénalty qui était une des pires décisions arbitrales que j’ai vu de ma vie et qui a changé complètement le cours du match.
Je n’ai pas vu la fédération irlandaise demander de le rejouer."

Hat’s off, Mr Roy Keane.

mercredi 18 novembre 2009

Foutage de gueule en bloc

Un colon jette du vin sur une Palestinienne dans la rue Shuhada, à Hébron.

L'état sioniste a autorisé la construction de 900 nouveaux "blocs" d'implantation coloniale à Jerusalem-est.
J'entends d'ici Netanyahou rigoler : "prends ça dans ta face, Barack!" et l'affreux Lieberman se féliciter d'avoir "bien niqué le négro". Comme d'habitude, les états (soi-disant) unis se disent "consternés" et notre carpette internationale Bernard 'Kouchtoila' Kouchner "regrette". Est-ce que les milliards de $ d'aide militaire US en seront affectés ? Bien sûr que non. Est-ce qu'Israël continuera de bénéficier du soutien inconditionnel des états (soi-disant) unis pour continuer sa politique d'agression ? Bien sûr que oui.

La "solution à deux états" est définitivement morte. Il faudra bien un jour que la seule solution crédible à ce merdier soit mise sur la table : la fin du régime d'apartheid sioniste et la création d'un seul état israelo-palestinien ou tous les citoyens quelle que soit leur religion auront les mêmes droits et devoirs.
La seule issue pour que cesse enfin cette pantalonnade ridicule et criminelle.

lundi 16 novembre 2009

Manny Pacquiao est Grand


Manny "Pac-man" Pacquiao est devenu champion du monde welter WBO au terme d'un combat à sens unique. L'idole des Philippines, après avoir envoyé le grand De La Hoya à la retraite et avoir pulvérisé la "terreur" Britannique Hatton en moins de deux rounds, a procédé à une démolition systématique du champion porto-ricain Miguel Angel Cotto, remarquable de courage, mais vaincu par arrêt de l'arbitre au 12eme round, samedi soir au MGM Grand de Las Vegas.
Il est le seul boxeur de l'histoire à avoir remporté sept titres mondiaux dans sept catégories de poids différentes.

Tous les amoureux du noble art rêvent maintenant de voir Pacquiao affronter l'américain Floyd "Pretty Boy" Mayweather Jr., pour un combat qui serait incontestablement un sommet du noble art, le "combat du siècle".

Manny Pacquiao est déja une légende. Sa puissance et sa vitesse phénoménales alliées à une "vision du jeu" hors du commun en font, selon son manager Bob Arum, l'égal des Ali, des Leonard ou des Hagler, rien que ça. Manny, lui, avec sa modestie habituelle, répond qu'on ne peut pas le comparer à "de telles vedettes".
Et pourtant...

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"Le rêve de tout boxeur est d'être sacré un jour champion du monde et de s'assurer une sécurité financière. Ce qui m'arrive est l'une des expériences les plus incroyables de ma vie… Mais elle m'apprend à rester encore plus humble. C'est un grand honneur d'être le porte-drapeau de mon peuple. Je suis fier pour tous les Philippins à travers le monde, c'est pour eux que je me bats chaque fois que je monte sur un ring" - Manny Pacquiao -

vendredi 13 novembre 2009

American Dream (X)


Les villes américaines sont au bord d'une invasion de rats, prévient le biologiste Dale Kaukeinen dans une nouvelle étude.

"Le problème des rats est juste un symptôme d'un déclin et de l'affaiblissement des infrastructures, et c'est l'un des symptômes les plus visibles des villes défavorisées qui luttent pour faire face à leurs problèmes», affirme M. Kaukeinen dans une interview.

ABC News

vendredi 6 novembre 2009

A vos agendas!


Emmanuel Todd sera l'invité de Frédéric Taddei dans son émission Ce soir ou jamais sur France 3, le lundi 9 novembre (aux alentours de 23H), pour un débat autour de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin.

A noter par ailleurs qu'Emmanuel travaille en ce moment à l'achèvement du tome 1 de son étude historique et géographique sur l'origine des systèmes familiaux à l'échelle mondiale : L'Ancien Monde*.
Une œuvre monumentale à paraitre bientôt!

* Moins l'Afrique. Le tome 2 sera consacré à l'Afrique, l'Amérique et l'Océanie.


PS : A signaler, une excellente interview par Karim Emile Bitar, à lire sur son blog : CYRANO

mardi 3 novembre 2009

Shoah bizness


Israël veut acquérir deux navires de guerre de fabrication allemande gratis.

D'après des sources gouvernementales, l'état sioniste souhaiterait que Berlin finance son achat de 2 corvettes de type MEKO, pour une somme qui représenterait plusieurs centaines de millions d'Euros.

Le gouvernement allemand n'aurait toujours pas réagi à la requête israélienne.
Mais "des politiciens influents du nord de l'Allemagne", où l'industrie de la construction navale souffre du ralentissement économique mondial, sont apparemment favorables à cette idée, soucieux de soutenir les affaires des chantiers navals allemands.

Le contrat serait attribué à la société Blohm & Voss de Hambourg.
Mais le système d'armement serait en provenance des États-Unis, dans le but d'obtenir un véritable système de défense antimissile maritime.

Les forces navales israéliennes ont déjà reçu l'aide du gouvernement allemand. Entre 1999 et 2000, trois sous-marins construits par les chantiers de Kiel Howaldtswerken Deutsche Werft ont déja été livrés.

Pendant ce temps l'état allemand paie apparemment pour deux tiers de deux autres sous-marins à pile à combustible au prix de 500 millions €. Ils sont actuellement en cours de construction à Kiel avec l'intention de les livrer à Israël en 2012.

The Local

dimanche 25 octobre 2009

Le protectionnisme, un libéralisme internationaliste

Naissance et diffusion, 1789-1914

par David Todd

Le protectionnisme ne date pas des années 1930, mais a été inventé dès le XIXe siècle par des théoriciens allemands, français et américains méfiants vis-à-vis de la puissance commerciale britannique. Pour l’historien David Todd, cette généalogie – souvent méconnue – atténue les soupçons de nationalisme qui pèsent sur l’idée protectionniste.

Depuis l’accélération de la crise économique et financière en septembre dernier, une peur hante les classes politiques et médiatiques occidentales : le retour du « protectionnisme ». De sommet du G7 en sommet du G20, elles répètent que c’est la hausse des barrières douanières qui a transformé le krach de 1929 en dépression et que, pour répondre efficacement à la crise, il faut avant tout résister au « démon nationaliste » du protectionnisme, qui conduit inéluctablement à l’effondrement du commerce international et, in fine, à la guerre. Le raisonnement analogique a été une source d’inspiration formidable dans l’histoire des sciences, y compris pour la science humaine qu’est l’économie : Isaac Newton et Albert Einstein, mais aussi Adam Smith et John Maynard Keynes, y ont eu recours. Employée par des mains moins habiles, l’analogie – en particulier l’analogie historique à partir d’un seul exemple – n’est le plus souvent qu’un raccourci facile inspiré par la paresse ou la malhonnêteté intellectuelle.

Le haro actuel contre la tentation protectionniste à partir de l’exemple de 1929 en est un exemple frappant. Le recours au protectionnisme dans les années 1930 – promu, entre autres, par Keynes lui-même [1] – n’a pas été la cause principale d’une dépression provoquée par la spéculation financière et rendue dramatique par les politiques déflationnistes de Heinrich Brüning en Allemagne et de Pierre Laval en France. Au pire, dans les pays d’échelle moyenne comme l’Allemagne et la France, le protectionnisme a été une réponse inadéquate à la crise. Au mieux, comme dans le cas du Royaume-Uni et de son empire – avec les accords d’Ottawa instituant un système de « préférence impériale » entre les îles britanniques et leurs possessions outre-mer en 1932 –, il a même pu contribuer à un relèvement économique partiel en apportant un soutien à la demande de produits nationaux. Dans tous les cas, les dirigeants de l’époque, en se tournant vers le protectionnisme, commettaient la même erreur que les dirigeants actuels qui cherchent à retirer des leçons de la dépression économique précédente : c’était au protectionnisme que l’on attribuait la sortie de la grande dépression des années 1870-1880. La lutte actuelle contre le protectionnisme fait figure de ligne Maginot intellectuelle, qui interdit la tenue de débats plus substantiels sur la réorganisation du capitalisme mondial.

Pour être utile, le recours aux analogies historiques doit reposer sur plusieurs exemples et, autant que possible, la longue durée. Le protectionnisme ne date pas des années 1930. Il est le produit d’un débat intellectuel et idéologique d’une intensité exceptionnelle, qui s’est déroulé au lendemain de la Révolution française et des guerres napoléoniennes, dans la périphérie immédiate du cœur industriel de l’époque, la Grande-Bretagne, c’est-à-dire en France, en Allemagne et aux États-Unis. Loin d’être lié aux idéologies totalitaires du XXe siècle ou même d’être « antilibéral », ce protectionnisme était ancré dans le libéralisme issu des Lumières et de la Révolution. Mais ses partisans le définirent comme un libéralisme réaliste, patriotique et anticosmopolite, ou encore comme l’expression d’une solidarité nationale entre classes sociales face aux contraintes du marché mondial. Paradoxalement, ce patriotisme ou nationalisme économique fut lui-même le fruit d’un débat transnational franco-germano-américain, avant que les idées protectionnistes ne s’exportent depuis le monde occidental jusqu’en Amérique Latine et en Asie orientale. Discrédité en tant que politique économique parmi les classes dirigeantes, le protectionnisme en tant qu’idéologie n’en conserve pas moins un puissant attrait parmi les électorats, notamment dans les pays où sa domination fut étroitement liée à une phase de démocratisation en profondeur de la société politique, comme les États-Unis ou la France. (...)

... Lire la suite dans La vie des idées

samedi 24 octobre 2009

Petit ruisseau limpide


Et maintenant, si vous le voulez bien, je vous propose un petit jeu de devinettes :

- Qui a humilié l'administration US un beau jour de 2003 devant l'assemblée générale de l'ONU ?

- Qui, en tant que candidat à la présidence française est allé prêter allégeance à GW Bush et à l'AIPAC un triste jour de 2007 ?

- Qui s'est retrouvé embringué dans une affaire judiciaire rocambolesque de "dénonciation calomnieuse" lui coupant la route de l'élection présidentielle de 2007 ?

- Qui a finalement remporté cette élection ?

Question subsidiaire :

- qui a dit, à propos de la fameuse affaire de "dénonciation calomnieuse" :"Le véritable instigateur de l’affaire n’a pas été identifié."

* Indice : la réponse est ICI => Marianne2
Petit jeu bonus à €1.000.000 :

- Trouvez dans cette liste des "young leaders" de la "French American Foundation" les noms de 2 personnes nous ramenant -directement pour l'un et indirectement pour l'autre- à la fameuse affaire de "dénonciation calomnieuse".

* Indice : cherchez aux lettres "G" et "L".

vendredi 23 octobre 2009

Plus les peuples sont "libres", plus ils sont mécontents... WTF ?!

Cliquez sur l'image pour voir l'infographie complète

Une étude assez récente de Gallup démontre clairement que les populations des pays de l'ex-URSS qui vivent dans les "démocraties pro-occidentales" sont les moins satisfaites de leurs gouvernements.

Plus nous leur apportons la liberté, plus nous les délivrons de leurs régimes autoritaires, moins ils sont contents!

Décidément, l'ingratitude de ces gens-la est sans limite...

dimanche 18 octobre 2009

Boum!


Voici le genre d'images de l'Afghanistan que nos médias MSM occidentaux ne nous montrent jamais...
Surtout ne ratez pas la dernière minute de ce film plutôt, dirons-nous... Explosif.

samedi 17 octobre 2009

Le gai déclin : mode d'emploi


Il faut accepter l’idée que les méthodologies que nous avons développées pour réformer et reformer l’histoire, fermement dépendantes de la science et soumises à la morale du jour qui triomphe désormais en enfermant l’intelligence et en contraignant la sensibilité, que ces méthodologies sont impuissantes et nihilistes. Nous ne sommes plus capables de rien comprendre ni de rien ressentir de notre passé, à force de l’avoir enfermé dans des anathèmes qui ne concernent que nos frustrations, nos peurs, nos hystéries – très présentes, très actuelles les unes et les autres, sans rapport avec notre passé – indignes de notre passé, sans aucun doute – repoussées par lui, comme il se fait d’un corps étranger qui veut forcer et tordre la nature du monde. Le fruit atrophié de cette stérilité développée dans la pompe et l’arrogance, c’est la perte vertigineuse de la compréhension de notre situation, de la substance de notre identité, de la signification de notre existence. La méthodologie historique que nous avons développée au nom de la science et de l’idéologie qui sert la science réduit notre situation à un point tel que nous ne comprenons plus rien du temps présent, et que nous ne savons plus qui nous sommes, et quels sont notre nécessité et notre destin. Nous mourons de l’infécondité de l’esprit et du dessèchement de l’âme. Nous sommes de pauvres hères en haillons de notre esprit, avec des âmes qui sont comme des breloques trompeuses, présentes pour la figuration, contraintes et étouffées par l’infamie. Nous tournons en rond, comme des aveugles, comme des fous, comme des fantômes de nos pauvres croyances disparues. Nous entendons gronder autour de nous une tempête comme seul un Dieu peut en concevoir le dessein et nous ne voyons rien. Notre souffrance est immense et, pour celui qui n’en appelle pas à l’intuition, souffrance absolument indicible, subie comme un châtiment sans attendus ni verdict. La voie royale que je tente d’emprunter est tracée pour tenter de sortir de cette prison qui nous contraint.

-Philippe Grasset-

(Extrait de l'introduction du livre La grâce de l'Histoire à paraitre bientôt en librairie et sur dedefensa.org)

jeudi 15 octobre 2009

Lâcher de colombe morte en Afghanistan



En Afghanistan, les italiens payent les "talibans" pour avoir la paix, sans en informer leurs alliés. Les américains (qui espionnent copieusement leurs alliés) le découvrent et le leur reprochent (alors qu'ils emploient les mêmes "tactiques" par ailleurs)...

...Pendant ce temps là, les afghans font des lâchers de colombes mortes.

Honduras : du coup d'État à la faillite économique

Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya (g), le 14 octobre 2009 à Tegucigalpa
AFP
Magasins vides, aide internationale gelée, chômage en hausse : le coup d'État du 28 juin au Honduras a déjà coûté très cher au Honduras, troisième pays le plus pauvre des Amériques, dont l'économie devrait se contracter de 4 % cette année, selon les analystes.

Alors que le président déchu Manuel Zelaya et le gouvernement putschiste négocient toujours une sortie de crise, dans les commerces de Tegucigalpa, les vendeurs attendent les clients, comme Ada Moltalban, qui désespère de voir arriver quelqu'un dans le restaurant de fruits de mer où elle travaille. Cette femme de 46 ans a du mal à nourrir ses quatre enfants avec le salaire minimal, 289 dollars par mois, pourtant augmenté de 60 % par le président Manuel Zelaya, avant qu'il soit renversé par le coup d'État.

"Je complète avec les pourboires, mais ces derniers mois, il n'y a personne et j'ai peur d'être licenciée. Nous les pauvres, nous sommes toujours les plus touchés", dit-elle à l'AFP. "Nous étions pauvres, maintenant nous sommes misérables. Beaucoup de commerces ferment. Chaque jour, j'arrive avec la peur de trouver ma lettre de licenciement, car les chiffres sont dans le rouge", témoigne aussi Filiberto, serveur dans l'hôtel où des délégués des deux camps négocient. Le Honduras est enferré dans une crise politique complexe depuis le coup d'État qui a renversé M. Zelaya. Pour pousser le gouvernement putschiste à rétablir le président déchu dans ses fonctions, la communauté internationale a gelé de nombreuses programmes économiques. Les États-Unis et l'Union européenne ont ainsi suspendu plus de 120 millions de dollars d'aide à eux deux.

Le Fonds monétaire international (FMI) et d'autres organismes internationaux ont également gelé leurs crédits, en attendant que la situation politique se stabilise. Associée à la crise internationale, cette coupure de l'aide internationale a créé 180.000 chômeurs de plus dans le petit pays d'Amérique centrale, où 40 % de la population active (3,5 millions de personnes) n'a pas de travail ou est sous-employée. Environ 700.000 membres de la classe moyenne sont menacés de glisser sous le seuil de pauvreté cette année, estime le Forum social de la dette extérieure du Honduras (Fosdeh), organisme non gouvernemental, selon qui 70 % de la population (7,6 millions d'habitants) pourrait bientôt vivre sous ce seuil.

"La situation du Honduras est sans précédent et 2010 sera encore plus difficile", prévient le responsable du Fosdeh, Mauricio Diaz, qui prévoit une chute de 4 % de l'économie cette année. Le gouverneur en exil de la Banque centrale, Edwin Araque, table, lui, sur une baisse de 3 %, après une croissance de 4 % en 2008. "Nous avions déjà la crise internationale et avec ce conflit, la situation a empiré. Pour ne pas déprimer, nous préférons ne pas faire les comptes", a déclaré à l'AFP le patron des patrons, Adolfo Facussé, allié du régime putschiste. Les ventes de véhicules neufs ont déjà chuté de 60 %, selon les entreprises du secteur.

Les couvre-feu décrétés à plusieurs reprises par le gouvernement putschiste ont également durement affecté les bars, restaurants et hôtels. Certains affichent des taux d'occupation inférieurs ou égaux à 30 %. Et la crise s'est déjà étendue au-delà des frontières du pays. Le commerce interrégional est en baisse et les voisins du Honduras souffrent aussi d'une baisse des investissements étrangers et du tourisme, selon Juan Daniel Aleman, secrétaire général du Système d'intégration centraméricain.


Honduras: les délégués établissent un plan de sortie de crise

AFP

TEGUCIGALPA — Les représentants du président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, et du gouvernement putschiste de Roberto Micheletti sont parvenus à un accord mercredi sur la restitution du dirigeant évincé par le coup d'Etat du 28 juin, a annoncé l'un des délégués.

Ce compromis doit cependant encore être accepté par MM. Zelaya et Micheletti.

"Nous avons approuvé un document sur le point numéro six, qui est le point portant sur la restitution des pouvoirs de l'Etat tels qu'ils fonctionnaient avant le 28 juin 2009", a déclaré l'un des négociateurs du président déchu, Victor Meza, lors d'une conférence de presse.

Le retour à la situation précédant le coup d'Etat du 28 juin implique le retour de M. Zelaya au pouvoir, hypothèse jusqu'ici rejetée par M. Micheletti.

Le point numéro six était le dernier des huit points clés du plan de sortie de crise qui restait à approuver.

"Je suis optimiste par nature", a ajouté le négociateur avant de se diriger vers l'ambassade du Brésil, où M. Zelaya a trouvé refuge depuis son retour clandestin dans le pays le 21 septembre.

M. Meza, ministre du gouvernement au sein de l'exécutif déchu, a en revanche refusé de dévoiler les termes de l'accord "pour ne pas violer un pacte" conclu par les représentants des deux équipes de négociateurs.

M. Meza a par ailleurs rappelé que M. Zelaya avait donné jusqu'à jeudi soir 00H00 (vendredi 06H00 GMT) pour arriver à un accord de sortie de crise. Le dirigeant déchu n'a cependant pas précisé ce qu'il comptait faire en cas de statu quo.

Mardi soir, les négociateurs avaient annoncé être tombés d'accord sur sept des huit points clés du plan de sortie de crise en discussion, parmi lesquels la formation d'un gouvernement d'unité nationale, le rejet d'une amnistie ou le renoncement de M. Zelaya à convoquer une assemblée constituante.

Manuel Zelaya a été renversé et expulsé du pays par un coup d'Etat le 28 juin, le jour où il avait organisé contre l'avis de la Cour suprême une consultation populaire sur un éventuel changement de la Constitution, qui interdit à un président de briguer un deuxième mandat.

Il est réfugié à l'ambassade du Brésil depuis son retour clandestin au Honduras le 21 septembre.

jeudi 8 octobre 2009

American Dream (IX)


Détroit : Scènes de chaos dans les files d’attente de l’aide sociale
8 octobre 2009

La ville de Detroit avait annoncé la distribution de 5 000 formulaires de demande d’aides au logement. Mais ils ont été plusieurs dizaines de milliers à se presser sur les lieux, provoquant bousculades et altercations entre des chômeurs désespérés. Plusieurs personnes ont été blessées, piétinées par la foule. Les reporters du Detroit News témoignent de la violence de la crise sociale au cœur de l’Amérique.

Par Charlie LeDuff, George Hunter et Santiago Esparza, The Detroit News, 7 octobre 2009

Les milliers personnes qui se sont pressées dans l’espoir d’obtenir les formulaires de demande d’aide fédérale pour les loyers et les factures de services publics ont transformé aujourd’hui les abords du Cobo Center [un centre d’exposition et de conférences - ndt] en une scène de chaos.

Les demandeurs étaient venus à pied, en fauteuil roulant, en vélo et en voiture. Environ six personnes ont quitté lieux en ambulance. En raison de la tension et de l’énervement croissants, plusieurs personnes ont été piétinées, indique un infirmier présent sur les lieux.

Les habitants de Detroit tentaient de mettre la main sur les 5 000 formulaires de demande d’aide fédérale distribués par la ville. Détroit a reçu près de 15,2 millions de dollars de fonds fédéraux au titre des programmes de Prévention des Sans-abris et du Relogement Rapide, qui attribuent une aide financière temporaire et des logements aux personnes et aux familles sans-abri, ou qui le seraient en l’absence de ces aides.

Des membres des services médicaux d’urgence présents sur les lieux ont déclaré avoir traité des demandeurs qui ont été blessés lors de la ruée de la foule tentant d’obtenir ces formulaires.

Voilà ce qui arrive lorsqu’une ville remplie de gens ruinés reçoit un peu d’argent, déplore Walter Williams, 51 ans, qui avait commencé à faire la queue pour un formulaire avant le lever du jour.

« Ce matin, j’ai vu le rideau se lever sur le malheur », dit-il. « Des gens qui se battent en faisant la queue. Ils se menaçaient de se tirer dessus. Est-ce que nous en sommes arrivés là ? »

« Les gens ont désespérément besoin d’aide financière pour conserver leur logement, payer leurs factures, pour qu’ils puissent faire la soudure avant d’avoir retrouvé un emploi ».

Ce mercredi, à l’extérieur du Centre Cobo, certaines personnes fendaient la foule pour arracher les formulaires des mains de ceux qui les avaient déjà obtenus. Les lieux résonnaient du vacarme constant des cris des personnes tentant de pénétrer à l’intérieur du Centre.

Latanya Williams, qui vit à Detroit depuis 32 ans, déclare avoir rapidement rempli son formulaire car « les gens les volent ».

« J’espère obtenir n’importe quelle aide qu’ils puissent me donner », dit-elle. « Tout le monde a besoin d’aide. »

En fin de matinée, les formulaires manquaient. Mais des escrocs ont eu l’idée de photocopier l’original et de vendre ces copies pour 20 dollars. Ils faisaient de bonnes affaires. Les désespérés sont des proies faciles. Les formulaires originaux de couleur blanche portaient une mention indiquant clairement : « Ne pas dupliquer - Vous devez utiliser le formulaire original. »

En fin de matinée, toutefois, les volontaires du Detroit Planning and Development Department distribuaient eux-mêmes des photocopies jaunes.

« Je ne suis même pas sûr que le gouvernement acceptera ces formulaires », s’interroge Pam Johnson, une bénévole. « C’est comme s’il fallait calmer les gens. Il y avait presque une émeute. Il a fallu faire appel à l’escouade de répression des gangs. J’ai vu une vieille dame presque piétinée à mort ».

Pour Jean Paul, qui vit à Détroit depuis 25 ans, cette foule et ce chaos montrent que les gens ont besoin d’aide.

« Nous en avons besoin », dit-il, en parlant d’argent. « Quoi qu’ils aient pour moi, cela sera bien ».

John Roach, le second adjoint de la police, considère que les 150 agents présents ont gardé le contrôle de la situation. « Il ya eu quelques bousculades, et certaines personnes ont perdu connaissance », précise-t-il. « Étant donné que nous avions là 15 000 personnes, je suis surpris que les choses se soient déroulées de façon aussi ordonnée. »

Il est difficile d’estimer la foule présente car toutes les files d’attente serpentaient à travers le centre de convention, à l’extérieur le long du bâtiment, et en bas de la rampe du parking. Un officier de police a estimé la foule à 50 000 personnes.

Plus de 25 000 formulaires avaient été retirés en moins de trois heures la veille dans les bureaux de quartier de la Mairie. Karen Dumas, la porte-parole du maire Dave Bing, explique que ce jour là certains ont cru à tort qu’ils recevraient des espèces sur place.

« C’est totalement faux », précise-t-elle. « Il y a un circuit administratif ».

L’affluence a été si importante que les fonctionnaires de police de Detroit et les responsables des pompiers ont envisagé d’arrêter la distribution en raison du trop grand nombre de personnes.

Nous avons rencontré Kelley Turcotte, qui est plongeur dans un restaurant, près de l’extrémité de la file d’attente vers 10h30. Agé de 27 ans, il vient d’avoir un fils et ne peut faire face à ses factures.

« J’espère que le gouvernement verra ce qui se passe, et comprendra que la ville a besoin de beaucoup plus d’aide que celle qui lui est donnée », déclare-t-il.

Luis Irizarry, 35 ans, est venu de Flint en voiture, espérant profiter de l’occasion d’obtenir une aide. C’est seulement ensuite qu’il a découvert que seuls les habitants de Detroit pouvaient en bénéficier. Pour lui ce fut un choc de voir autant de gens dans le besoin.

Tony Johnson est venu à 5 heures du matin. M. Johnson n’a pas réussi à trouver d’emploi depuis trois ans.

« Si je pouvais gagner à la loterie, je ne serais pas ici », plaisante-t-il. Puis il poursuit : « il n’y a pas de tranquillité parce qu’il n’y a pas d’emplois. Tout le monde est à la recherche d’un extra, d’un coup de main. Ils ne me comptabilisent pas comme chômeur parce que je n’ai pas d’allocation. C’est comme si je n’existais même pas. Mais j’existe. Regardez autour de vous. Il y a des milliers ... des millions dans ce cas. »

Dan McNamara, qui dirige la section 344 des pompiers de Detroit, observe depuis sa fenêtre le Cobo Center.

« C’est tout à fait représentatif des difficultés de la classe moyenne en Amérique », juge-t-il. « Nous avons été trahis par le gouvernement, les agents immobiliers et ceux qui en ont profité. Le contrat a été rompu. »

Sur le web :

Detroit Free Press : Chaos reigns at Detroit aid event

People fainted, others fought as the Detroit Police Gang Unit tried to keep people in line --- some since last night --- and in check.

“It’s a disaster here,” former assistant Detroit Police chief and city council candidate Gary Brown said, handing out water. “This is dangerous. Very unorganized, very dangerous.”

Publication originale Detroit News, traduction Contre Info

Illustration : scène de bousculade au Cobo Center

jeudi 1 octobre 2009

Hommage à Pierre Falardeau


Le cinéaste québécois et militant indépendantiste Pierre Falardeau est décédé vendredi des suites d'un cancer à l'âge de 62 ans, a annoncé dans un communiqué le Centre universitaire hospitalier de Montréal. Connu pour son style provocateur, Pierre Falardeau a acquis la notoriété au début des années 80 avec la comédie "Elvis Gratton", un film culte brossant un portrait peu flatteur du Québécois moyen et qui avait été primé à l'époque au Festival international du court métrage de Lille.
Il a aussi réalisé des films engagés en faveur de l'indépendance du Québec comme "15 Février 1839", "Octobre" ou "Le temps des bouffons", tout en ayant publié plusieurs livres.
"Il a été d'un apport exceptionnel pour notre combat national", a déclaré l'ancien premier ministre québécois Bernard Landry à la chaîne de télévision Réseau de l'information.
"Son premier et unique sujet a été le Québec", a affirmé son collègue cinéaste Michel Brault, interrogé sur la même chaîne, ajoutant que Pierre Falardeau était "un grand patriote". Fumeur impénitent, très présent sur la place publique, le réalisateur était reconnu pour son style provocateur et ses déclarations chocs.

AFP

mercredi 30 septembre 2009

Dans Newsweek : Ahmadinejad fait une offre atomique


Dans une interview exclusive d’une heure et demie et couvrant de nombreux sujets accordée à Lally Weymouth de Newsweek et des journalistes du Washington Post, le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad aborde les futures négociations avec les Etats-Unis, ce qu’il pense du président Obama, ses négations répétées de l’Holocauste, ainsi que les combats en Afghanistan sous l’égide des Etats-Unis, qu’il considère perdus d’avance. Il y fait part pour la première fois de son offre d’acheter aux Etats-Unis de l’uranium enrichi pour usage médical, proposition qui selon les experts en non-prolifération nucléaire est probablement promise à l’échec. Extraits.

Comme vous le savez, l’Iran détient un correspondant de Newsweek depuis trois mois, Maziar Bahari. Je sais que vous avez été très généreux ce matin, en indiquant que vous aideriez à la libération des trois randonneurs américains. Serait-il possible que vous envisagiez de relâcher Maziar, pour motif humanitaire ?



- Je voudrais que tous les prisonniers soient relâchés, mais je ne suis pas le juge. Le juge doit se prononcer. Si j’étais en charge de ce dossier, je pourrais garantir que tous les prisonniers seraient libérés.

Vous avez pourtant déclaré que vous tenteriez d’obtenir la libération des randonneurs américains. Pourriez-vous faire la même chose pour Maziar ?


- Je désire la libération de tous les prisonniers. Tous. Américains et non-Américains — sans distinction.

Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l’Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ?


- Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?

Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siècle.


- Vous êtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualité aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ? Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le président, c’est ce que vous pensez qui compte.

- Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez. 



- De quel monde parle-t-on ici ?

L’Iran tente d’améliorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d’Israël ? 


- Ce que je dis est extrêmement clair. C’est une approche académique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?

Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.


- La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet événement s’est produit, où s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu’il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prétexte à l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.


- En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel régime d’occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un événement qui s’est déroulé en Europe entraîne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d’êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c’étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considérons l’Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.

Les élections disputées de juin dernier on fait beaucoup de bruit. On a beaucoup débattu sur le sujet de savoir si vous aviez ou non détourné le scrutin à votre profit. Prévoyez-vous de traduire en justice [votre opposant, Mir Hossein] Mousavi ? Pour quelle raison la presse d’extrême droite s’en prend-elle à [l’Ayatollah Akbar Hashemi] Rafsanjani ?

- En Iran, les gens des différents groupes sont libres de choisir la direction politique de leur choix. Les élections en Iran se déroulent dans le cadre fixé par la loi, et elles sont gratuites (lire plutôt : " libres" - note de BDGD). Dans chaque élection, seule une personne peut l’emporter. Je me souviens, à l’époque de ma première élection, contre M. Rafsanjani, que les mêmes qui aujourd’hui contestent les résultats du dernier scrutin étaient ceux qui organisaient les élections de 2005 entre M. Rafsanjani et moi. Ses partisans étaient ceux qui organisaient les élections. L’élection de 2005. Au bout du compte, je pense que tout ceci n’est que de la propagande, et je n’y prête qu’une oreille distraite. Je ne désire traduire personne en justice.

Mousavi ne sera pas traduit en justice ?



- Cela dépend des juges. Cela n’a rien à voir avec le gouvernement. S’il y a eu des infractions, les tribunaux s’en chargeront. Mais pas dans le cas contraire.

M. le président, bien des gens dans ce pays et ailleurs dans le monde ont été touchés par la façon dont ont été traités les gens qui ont manifesté contre le résultat du scrutin. L’un des autres candidats à l’élection possède, paraît-il, des preuves de tortures et de viols, et bien des gens hors d’Iran sont inquiets des procès qui doivent se tenir. Êtes-vous disposé à aborder ces questions touchant aux droits de l’homme lors de la prochaine réunion de Genève ?


- Savez-vous combien il y a de prisonniers aux Etats-Unis ?

Ma question est de savoir si vous êtes disposé à aborder la situation en Iran. 


- Je comprends votre question, et je veux y répondre. Connaissez-vous le nombre de prisonniers ici, aux Etats-Unis ? Je vais vous répondre, s’il vous plaît, un peu de patience. N’attendez pas de moi que je vous donne la réponse que vous attendez. Vous avez aux Etats-Unis 3,6 millions de prisonniers. Pourquoi sont-ils emprisonnés ? Certains sont exécutés par électrocution. Pourquoi ? Pourquoi exactement ? Vous avez ici une loi qui traite ce genre de questions. Allons-nous dire que c’est une mauvaise chose ? Pouvons-nous expliquer pourquoi 3,6 millions de gens sont en prison ? Si aucun n’a violé la loi, ils n’ont aucune raison d’être emprisonnés. Lorsqu’on a enfreint la loi, on peut se retrouver en prison. L’état de droit en Iran est très respecté. Avant qu’on prononce le verdict définitif, chacun peut voir son cas examiné. C’est assez unique. Quand on est traduit en justice, il y a cinq étapes — dont quatre au cours de laquelle on réexamine le dossier. Notre système judiciaire consacre énormément d’efforts à garantir les droits de celui qui comparait devant un tribunal. Ceci ne signifie pas qu’un policier, quelque part, ne peut violer la loi. Tout comme il arrive qu’un officier de police à New York, ou d’autre part aux Etats-Unis, brutalise quelqu’un. C’est un délit. Mais personne n’accuse pour autant le gouvernement des Etats-Unis de négligence. Notre système judiciaire réglera ces affaires.
Les questions qui sont à l’ordre du jour de la réunion de Genève sont clairement définies : la sécurité dans le monde, le désarmement, les problèmes économiques et les relations internationales. Nous serons heureux d’aborder toute question relative aux droits de l’homme. Par exemple, celle des détenus incarcérés dans des prisons secrètes, en Europe notamment. La question de Guantanamo. Des crimes commis en Afghanistan. En Irak, et en Palestine. Nous sommes prêts à parler de tout. Ainsi que des violations des droits de ceux qui, en Europe, voudraient plus d’informations, mais qui font face à une interdiction. En Europe, l’accès à ces informations est très souvent bridé. On n’y a même pas le droit de soulever de quelconques interrogations sur le sujet de l’Holocauste, et les scientifiques et les universitaires qui le font sont jetés en prison.

Vous avez déclaré vouloir laisser votre programme nucléaire hors du cadre des négociations avec l’occident. Est-ce toujours le cas, où seriez-vous prêt au donnant-donnant avec l’Ouest ? Il ne peut sinon y avoir de négociations si vous ne voulez rien céder, domaine dans lequel à ce jour, M. le président, vous excellez tout particulièrement.



- Je vous remercie beaucoup de vos remarques optimistes. Je pense que, si nous violons les lois et règlements internationaux, personne n’en tirera bénéfice. Tout le monde doit observer les lois internationales. La question nucléaire est traitée par l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique [AIEA]. L’AIEA a des procédures très claires. Nous devons respecter des engagements et des obligations dans ce cadre, cadre qui nous donne également des droits. Nous nous plierons à nos obligations, et nous entendons également jouir de nos droits.

Mais vous n’avez pas respecté vos obligations. Les Nations Unies vous ont sanctionnés, et les Nations Unies priment sur vos droits dans le cadre de l’AIEA. Allez-vous suspendre votre programme d’enrichissement ? Allez-vous coopérer avec le protocole additionnel de l’AIEA que vous avez signé au départ [l’Iran a ensuite quitté la table] ?

- Si l’on se fonde sur les nombreux rapports officiels publiés par l’agence, l’Iran mène ses activités nucléaires en observant le cadre imposé par l’agence. Nous avons également accepté les nouvelles obligations allant au-delà de ce cadre légal. Mais nous n’avons pas pu bénéficier pleinement de nos droits. Les articles deux et quatre de la charte de l’AIEA stipulent que ceux qui détiennent la technologie nucléaire doivent aider les autres pays au développement de leur technologie nucléaire civile. Or, ni l’agence, ni ses états membre n’ont offert à l’Iran d’assistance quelconque dans ce domaine, quand bien même nous avons rempli nos obligations.

Le rapport de l’AIEA d’août dernier indique que l’agence "considère que l’Iran n’a pas apporté de réponse en profondeur aux problèmes posés… L’agence a donc demandé à l’Iran de fournir des réponses plus précises, et de fournir à l’agence… un accès aux personnes, à l’information et aux installations". [Le directeur général de 'AIEA] Mohamed ElBaradei — autrefois considéré comme votre principal défenseur à Washington — se demande si oui ou non vous vous conformez aux règlements de l’AIEA, ou si effectivement vous menez un programme d’armement nucléaire.


- Ce n’est pas vraiment l’endroit pour entrer dans les détails techniques. Mais le rapport est en deux parties, bien distinctes. L’une des parties détaille les questions ayant trait à l’agence elle-même. Voici deux ans, nous avons conclu un accord avec l’agence par lequel nous fournirions les réponses à six questions émanant de l’agence et subsistant dans cette première catégorie. Ces questions sont claires. Nous avons répondu à chacune d’entre elles. L’agence a validé les réponses reçues de notre part. Il est intéressant de constater qu’au bout de ces deux ans, l’administration américaine s’est mise à émettre à notre encontre un certain nombre de plaintes et d’allégations, exigeant de l’agence qu’elle les prenne également en charge. C’est une violation claire des statuts de l’agence, et des accords conclus entre l’agence et l’Iran. Sous la pression politique de l’administration américaine, l’agence accepte une liste d’allégations fournies par les Etats-Unis, et les ajoute tout d’un coup à son propre ordre du jour. Dès le départ, nous étions en désaccord avec cette pratique, en fonction du cadre légal préexistant, qui est très clair. Je pense que votre question se fonde de cette deuxième partie, qui a pu transpirer. En ce qui nous concerne, elle n’a aucun fondement légal. Nos engagements envers l’agence ont été très clairement énumérés et décrits. Si vous y prenez garde, ce même texte ne fait aucune référence à nos engagements. Il s’agit ici de plaintes émises par les Etats-Unis à notre encontre. Légalement, nous ne sommes pas contraints n’y répondre. Si nous acceptons de répondre à ces questions, nous ne serons jamais en mesure de bénéficier de nos droits dans leur intégralité, et nous ne pourrons jamais vivre dans la paix et la sécurité. Notre niveau de coopération avec l’agence est extrêmement élevé.

M. le président, je voudrais aborder le sujet du président Obama. Il a semble-t-il écrit deux lettres au Guide Suprême dans les derniers mois. Je me demandais si vous pourriez nous dévoiler la substance de ces lettres, et nous donner votre opinion du président Obama. Que pensez-vous de lui par rapport au président Bush ? Est-ce un leader faible ? Un leader fort ? Quelqu’un avec qui vous pouvez discuter ?

- Vous me demandez de vous fournir des informations concernant des lettres, dont vous auriez appris l’existence ?

On en a parlé dans la presse iranienne.


- Ne lisant pas la presse, je ne suis pas au courant.

Parlons d’Obama, alors.


- Nous pensons que le désir de changement, ici en Amérique, va dans la bonne direction. Il s’agit d’un désir à l’échelle mondiale. Si l’on observe le statu quo qui prévaut actuellement, rien n’est viable dans le monde. Les administrations qui se sont succédé à la tête des Etats-Unis ont joué un rôle substantiel dans la genèse des problèmes du monde actuel. Il n’est que naturel d’attendre de l’administration des Etats-Unis qu’elle change elle-même. Nous pensons que le changement est inévitable et nécessaire. Néanmoins, ces changements doivent être réels. Un changement de surface ne pourra résoudre les problèmes que nous devons affronter – il ne fera que les compliquer, et retarder une solution finale. Nous espérons que M. Obama cherche un véritable changement. Nous pensons que, s’il le décide, il devrait être en mesure d’agir au moins sur une partie des objectifs qu’il s’est fixés. Nous sommes prêts à l’aider à réaliser ces changements. À l’occasion de la réunion de Genève, nous sommes prêts à aborder certaines questions, y compris à nous engager à acquérir pour notre usage domestique de l’uranium enrichi à 20 %. En retour, l’Iran offrira des solutions aux changements nécessaires. S’il s’agit de perpétuer les politiques de M. Bush sous couvert d’un nouveau langage, on n’arrivera à pas grand-chose, car cette approche est périmée. Les politiques doivent changer. Si les politiques ne changent pas, il ne peut y avoir de réel changement.

Pouvez-vous en dire un peu plus sur ce que vous venez de dire. Vous avez dit qu’à Genève, vous serez d’accord pour acheter du combustible nucléaire enrichi ? C’est cela ? Auprès des Etats-Unis ?


- Nous possédons un réacteur à Téhéran qui produit des radioéléments pour usage médical. Il nécessite de l’uranium enrichi à 19,75 %. Nous sommes disposés à acquérir cet uranium. Nous sommes prêts à envoyer nos experts nucléaires à la table des négociations, afin de discuter de coopération nucléaire avec les experts de l’autre bord, en vue d’acquérir le combustible dont nous avons besoin. Pour établir les prémices d’une coopération nucléaire, et pour discuter de notre acquisition de ce combustible. C’est à mon sens une proposition très solide, qui constitue une bonne opportunité pour débuter.

Mais, vous vous livrez déjà en Iran à l’enrichissement de l’uranium, n’est-ce pas ? L’AIEA indique que vous disposez déjà d’assez d’uranium enrichi — je crois à 4,5 % — pour créer une bombe rudimentaire. Selon ce que vous venez de dire, êtes-vous en train de suggérer que vous êtes prêt à suspendre vos activités d’enrichissement ?


- Permettez-moi de vous corriger. Notre niveau d’enrichissement est aujourd’hui de 3,5 % — dans le cadre d’une plage allant de 3 à 5 %. Le combustible est destiné aux centrales atomiques de production d’électricité. Il est inutilisable dans une bombe. Une bombe requiert de l’uranium enrichi à 99,7 %. Nous pensons qu’il n’est pas bon de posséder la bombe nucléaire. Savez-vous combien de bombes atomiques détiennent les Etats-Unis ?

Je ne le sais pas. Seriez-vous prêt à vous engager à ne jamais construire d’armes atomiques ?

- Nous pensons que le principe selon lequel certains pays peuvent ou ne peuvent pas disposer de l’arme atomique est un mauvais principe. C’est pourquoi nous avons proposé de lancer des négociations en vue d’un désarmement. Selon les rapports que nous avons reçus, il y a ici aux Etats-Unis plus de 10.000 têtes nucléaires. Ne trouvez-vous pas hilarant de dire que le fait que l’Iran possède une tête nucléaire représenterait un danger potentiel pour le monde, mais que le fait que les Etats-Unis en possèdent des milliers ne constitue pas une menace ? N’est-il pas hilarant d’imaginer que l’on pourrait s’opposer à la force de 10.000 têtes nucléaires avec une seule ? La bombe atomique appartient à une génération dépassée. Le temps n’est plus où l’on pouvait utiliser ces armes. Honnêtement, si elles servaient à quelque chose, l’Union Soviétique ne se serait pas effondrée, elle les aurait utilisées, d’une façon où d’une autre. Elles auraient permis à l’OTAN à gagner la guerre en Afghanistan [au moyen de la bombe atomique]. Elles auraient aidé le régime sioniste à gagner à Gaza et au Liban. L’arme nucléaire est l’outil le plus inhumain jamais produit dans l’histoire de l’humanité. Sur la question nucléaire, nous avons soumis deux propositions de négociations au P5 + 1 [les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, plus l’Allemagne]. La première concerne le désarmement et la prévention de la prolifération des armes nucléaires. La deuxième concerne le développement d’un accès collectif aux technologies nucléaires civiles, par la coopération entre toutes les parties. Nous pensons également que du point de vue environnemental, nous devons disposer d’un accès à une énergie propre, une énergie sûre, qui peut être garantie. Notre position est parfaitement claire. Nous travaillons dans le cadre édicté par l’agence, et nous avons pour l’instant respecté nos obligations.

Je ne comprends pas comment votre proposition d’achat d’uranium enrichi s’inscrit dans le tableau d’ensemble de votre programme nucléaire.

- Encore une fois, les matériaux nucléaires que nous désirons acquérir sont destinés à une utilisation médicale. Le matériau enrichi à 20 % servira à produire des médicaments nécessaires à la guérison de certaines maladies. Le but est humanitaire. On travaille à ces médicaments à Téhéran à l’heure où je vous parle. Nos réacteurs travaillent à les produire. Ils ont déjà produit une vingtaine de médicaments à base de radioéléments, mais nous devons prévoir nos besoins pour les vingt prochaines années, et nous avons besoin de plus de matériau enrichi. Nous pensions que cela constituerait un bon point de départ pour des négociations.

Si vous étiez en mesure d’acheter cet uranium, que donneriez-vous en échange ?

- Nous donnerions de l’argent en échange du matériau. C’est un bon point de départ pour une coopération, et pour s’engager dans la coopération. J’ai également dit que nous serions d’accord pour que nos experts nucléaires rencontrent et discutent avec des experts nucléaires de l’autre côté. Ceci contribuerait à créer un climat de confiance et à faire place nette des inquiétudes qui règnent dans chaque camp.

Pourquoi auriez-vous besoin d’uranium enrichi si vous n’avez pas à ce jour de réacteur en service pouvant utiliser de l’uranium enrichi ?

- Nous disposons d’un réacteur nucléaire à Téhéran qui fonctionne depuis 20 ou 30 ans, je pense, dans le but de produire des médicaments. Il fonctionne toujours. Il produit une vingtaine de médicaments différents. Nous avons dans le passé acheté de l’uranium enrichi à 20 % auprès de différents pays, mais pas des Etats-Unis. Aujourd’hui, pourquoi ne pas l’acheter aux Etats-Unis ? C’est un bon moyen d’entamer une coopération et des discussions. Il s’agit d’une question humanitaire — nous parlons d’usage médical.

Lorsque vous dites que les experts nucléaires de votre camp vont discuter avec les experts nucléaires de l’autre camp — êtes-vous disposés à ce que ces discussions portent sur les questions en suspens de l’AIEA ?

- Pourquoi ne pas les laisser entamer les discussions, et voir ce à quoi ils parviennent ?

Et ceci serait proposé à Genève ?

- C’est notre proposition, oui. Les négociations ne sont pas à sens unique. Est-ce un souci ? Je pense que c’est plutôt une bonne chose.

Comment voyez-vous le futur de l’Afghanistan ? Envisagez-vous une coopération entre l’Iran et les Etats-Unis en Afghanistan, ou un Iran dominant ? Je pense que vous avez pris connaissance du rapport McChrystal, dont les conclusions sont des plus sombres.

- L’Afghanistan est notre voisin. Nous avons avec ce pays des liens étroits, historiquement et émotionnellement. Plusieurs millions d’Afghans vivent en Iran. Des millions d’Afghans et d’Iraniens voyagent chaque année entre les deux pays. De nombreux mariages mixtes sont célébrés. Nos relations sont très étroites. La sécurité en Afghanistan est un souci premier de l’Iran. Je voudrais voir rétablir la sécurité en Afghanistan aussi vite que possible. J’ai dit dès le départ que nous étions prêts à apporter notre aide, sous condition d’un changement de politique. Nous pensons que les politiques menées en Afghanistan sont totalement inadéquates, et il est inutile d’aller bien loin pour le prouver. Depuis l’arrivée des troupes de l’OTAN, nombre de crimes ont été commis. De toute évidence, les politiques suivies ne sont pas les bonnes. Même si nous offrions notre aide, on n’arriverait à rien. Il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan. Permettez-moi de vous poser une question — comment se fait-il que la presse aux Etats-Unis s’abstienne d’analyser les problèmes en profondeur ? Je veux ici vous fournir des raisons. Quelqu’un ici a-t-il déjà demandé au gouvernement des Etats-Unis la raison pour laquelle il est entré en Afghanistan et s’y est engagé à ce niveau ?

Avez-vous lu le rapport du Général McChrystal ? Il est accablant.

- Oui, c’est vrai, mais c’est sept ans après. N’aurait-on pas pu poser ces questions avant d’y aller ? Quand la propagande guerrière de l’administration Bush était à son comble ?

Trois mille personnes sont tout de même mortes à New York le 11 septembre.

- C’est sûr, mais ont-elles recouvré la vie suite aux crimes commis en Afghanistan ? D’autre part, le bilan se monte à des dizaines de milliers de victimes. On ne lave pas le sang par le sang. Depuis l’entrée de l’OTAN en Afghanistan, le terrorisme a été multiplié par dix, et la production de drogues illicites par cinq. Je vais vous rappeler un événement historique — et demander à la presse américaine de le rappeler à ses dirigeants, car ceci est de la responsabilité de la presse — si M. Bush avait été contraint d’étudier l’histoire de l’Afghanistan depuis un siècle, je peux vous garantir qu’il n’y aurait jamais mis les pieds. L’expérience montre que quiconque est entré dans ce pays par la force des armes en est ressorti défait. Voici cent ans, les forces britanniques se sont lancées dans un assaut frontal de l’Afghanistan et ont essuyé une sévère défaite. Voici trente ans, les troupes d’Union Soviétiques sont entrées en Afghanistan et ont dû battre en retraite. De quelle force surnaturelle M. Bush pensait-il disposer, qui lui permettrait de gagner une guerre que les Soviétiques et les Britanniques n’ont jamais pu emporter ? Nous nous permettons d’aborder le sujet en toute amitié — ce qui arrive nous touche aussi. Nous sommes touchés quand des gens meurent. À chaque vie perdue, la solution est deux fois plus dure à atteindre. Si nous n’étions pas bienveillants, nous aurions gardé le silence. Mais nous continuons de dire haut et fort que les politiques suivies sont inadéquates. Les richesses du peuple européen et américain sont dépensées ici sans résultat hormis la défaite. Cette richesse pourrait être utilisée pour créer des amitiés ou pour reconstruire un pays, c’est pourquoi nous sommes préoccupés. Chacun sait que l’OTAN est au bord de la défaite en Afghanistan. Nous pourrions garder le silence et rester à l’écart, car certains états membres de l’OTAN sont nos ennemis. Nous aurions des motifs de satisfaction à les voir essuyer la défaite. Mais nous ne nous réjouissons pas. Nous sommes attristés par la situation. Nous pensons, et disons, qu’il existe une solution humanitaire, et nous sommes véritablement surpris que les politiciens et l’OTAN aient choisi de se boucher les oreilles et refusent d’écouter toute forme de critique. Nous sommes même prêts à les aider à changer de politique là-bas. La condition préalable est qu’ils doivent se montrer disposés à écouter. Le rapport de ce général indique clairement que les politiques suivies jusqu’ici n’ont pas été les bonnes. Alors, quand vont-ils en changer ? Nous pensons que sont nécessaires des évolutions radicales des politiques suivies. Changer l’emballage — je veux dire l’emballage du nucléaire — sans adresser les questions plus fondamentales ne permettra pas d’obtenir de résultat. Il faut changer de politiques, et nous sommes prêts à leur prêter main-forte pour cela.

Sur la question nucléaire, êtes-vous en train de dire que l’Iran pourrait accepter de suspendre sa production d’uranium enrichi pour usage médical si on l’autorise à acquérir cet uranium enrichi ? Ceci pourrait-il être un premier pas vers des négociations ultérieures, qui pourraient porter sur la suspension d’autres programmes, en échange d’autres livraisons ?



- Très simplement, nous n’avons pas pour l’heure la capacité d’enrichir l’uranium à 20 % pour les objectifs médicaux que nous poursuivons. Nous en sommes à 3,5 %. Nous avons déjà par le passé acheté ce type de matériau, mais pas auprès du gouvernement des Etats-Unis. Nous pouvons l’acheter aux Etats-Unis. Le fournisseur importe peu, et nous sommes ouverts. Mais ceci ne concerne pas le cycle du combustible. Néanmoins, il me semble que c’est une belle ouverture, une belle fenêtre par laquelle regarder.

En d’autres mots, vous dites que cela ne concerne pas les centrifugeuses que vous êtes en train de construire, et le fait que vous pourriez retraiter l’uranium faiblement enrichi pour le transformer en uranium très enrichi, si je comprends bien.

- Ce que je dis, c’est que vous êtes libre d’interpréter à votre guise ce que je dis. Nous avons été très clairs sur ce que nous faisons. Nous disons simplement que nous avons besoin de combustible pour nos centrales électriques et pour notre réacteur. Et si l’on se réfère aux règles de l’AIEA, nous avons droit à ce genre d’assistance technique. Merci de vous rappeler lorsque vous sortirez de cette pièce qu’une des principales évolutions devant nécessairement prendre place à trait au traitement exclusif que l’on accorde à certains sujets de préférence à d’autres, ce qui mène à un système à deux poids, deux mesures. Si vous ne changez pas votre propre point de vue sur ces [sujets], rien ne pourra changer.

M. le président, une dernière question : ferez-vous quelque chose pour Maziar ? Dites que vous l’aiderez. Il travaille pour nous. Cette situation est vraiment difficile. 


- Je ferai ce que je peux. Merci de conseiller à vos collègues de ne pas enfreindre la loi.

Lally Weymouth

Traduction française de David Korn

> Lire la version américaine sur le site de Newsweek

(Nouvelobs.com)