jeudi 22 novembre 2012

Boire un bon Pepsi et admirer le spectacle (Bis)


Le massacre des palestiniens, un "divertissement... par rehearsais

 Relisez mon article de 2009, ça m'évitera de m'épuiser à réécrire le même...

mercredi 21 novembre 2012

Myret Zaki : Pourquoi la "finance de l'ombre" reste au dessus des lois

Les nouveaux chiffres sont sortis le 18 novembre. La finance de l'ombre, ou "shadow banking", continue de croître au su et au vu des régulateurs. Sa taille atteint aujourd'hui 67'000 milliards de dollars, soit une taille égale à l'ensemble de l'économie mondiale. On peut la définir comme un système financier parallèle au système bancaire réglementé. Le shadow banking se compense essentiellement de spéculateurs sophistiqués. Son rôle dans les crises de 2002 (Enron, Worldcom) et 2008 (subprime) est avéré. Et pourtant, les gouvernements, en procédant au sauvetage de l'ensemble du système financier en 2008, ont récompensé l'échec de la finance spéculative et incité les spéculateurs déréglementés à poursuivre leurs activités, qui ont augmenté de 5000 milliards depuis la crise! En cause également, le lobbying efficace à Washington qui met en échec les velléités actuelles de la France et de l'UE de réglementer le shadow banking.

dimanche 4 novembre 2012

Une fois pour toutes : Rony Brauman met les points sur les i!

         

A la fin de l'interview, un moment d'anthologie quand Dominique Souchier (à une lettre près, ce nom aurait pu être inventé par Houria Bouteldja), complètement déstabilisé, bafouillant de rage contenue, fait comprendre à Rony Brauman qu'il ne l'invitera plus jamais dans son émission.

Merci pour cet instant magique, Rony.

vendredi 19 octobre 2012

Todd : "Nous sommes encore dans la phase conformiste de l'hollandisme"

(BALTEL/SIPA) 
 
E.T. : [...] Je voudrais rappeler comment mon hypothèse d'un «hollandisme révolutionnaire» avait été formulée pour maintenir sa validité : j'avais évoqué un mitterrandisme à l'envers. En 1981, Mitterrand arrive au pouvoir avec un programme très à gauche, de nationalisations, d'augmentations des salaires et des avantages sociaux. En 1983, tournant de la rigueur, adhésion du socialisme français au néolibéralisme, probablement inévitable dans le contexte mondial.

Durant la présidentielle, mon hypothèse était - et reste - que François Hollande commencerait son quinquennat de manière relativement conventionnelle - sur l'Europe, nous sommes servis - tout en marquant son attachement aux valeurs d'égalité - tout va bien de ce côté, la presse de droite hurle «Maman !» parce que les classes moyennes supérieures vont payer des impôts supplémentaires. Mais, au bout d'un an ou deux, Hollande devra opérer le tournant radical rendu inévitable par l'approfondissement de la crise. Je m'en tiens à ce parallèle inversé : nous sommes encore dans la phase conformiste de l'hollandisme. Et je discerne quand même déjà des aspects positifs, dont certains constituent l'amorce d'une révolution morale et sociale...

Lesquels, par exemple ?

E.T. : La politique de rigueur n'affiche plus comme priorité la destruction de l'enseignement, de la santé et des services sociaux. Elle part du principe d'une taxation supplémentaire des plus fortunés. C'est une rupture avec l'idéologie dominante du monde occidental. La déception actuelle des médias nous permet, en fait, de mesurer la contribution des médias aux cinq ans de folie sarkozyste. La presse adorait l'agité de l'Elysée qui lui offrait un événement bidon par jour, tout en abandonnant l'industrie française à sa déroute ! L'analyse quotidienne de l'économie, c'est moins marrant. Heureusement, la presse peut encore s'exciter sur Valérie Trierweiler, tenter de sarkozyfier Hollande en président people. [...]


Lire la version intégrale dans Marianne

mardi 16 octobre 2012

Iran : sanctions européennes renforcées, exportations américaines en hausse


L'Union européenne renforce encore son régime de sanctions contre l'Iran, on sait pourtant que l'Europe est en crise et que des usines ferment un peu partout mais on préfère fermer Aulnay plutôt que de vendre des Peugeot aux iraniens... 

... Pendant ce temps là :

Les exportations américaines en Iran augmentent malgré les sanctions 

 Au cours de cette année les exportations américaines en Iran ont augmenté d'un tiers environ. En témoignent les données officielles rendues publiques la semaine dernière. La brusque croissance des ventes au cours de huit premiers mois de 2012 (199,5 millions de dollars contre 150,8 millions il y a un an) s'explique par une augmentation sensible des exportations de blé et d'autres céréales fournis pour 89,2 millions de dollars. Abstraction faite des ventes de céréales, les exportations américaines en Iran ont notablement baissé. Cependant les livraisons de produits laitiers et d'équipements médicaux dont les ventes en Iran sont aurorisées à condition de posséder une licence d'exportation continuent de progresser en dépit des sanctions.

Jeu : Cherchez l'erreur.

mercredi 10 octobre 2012

samedi 29 septembre 2012

Rions un peu avec Bibi le coyote et sa bombe ACME


Je me disais bien que Bibi Nétanyahou me faisait furieusement penser à quelqu'un lors de son dernier sketch comique à l'ONU...


 ...Bon sang mais c'est...


...Bien sur...

samedi 22 septembre 2012

"Sheikh" Adnan Al-Aroor : "Brulez Damas, brulez les villages... brulez tout!"



Une de ces choses fascinantes qu'il nous est donné de voir avec le conflit syrien, ce sont entre autres, ces "sheikhs" wahabito-salafistes improbables que nous servent les télévisions (financées par nos soins-merci Fabius-) de la rebellion anti-Bachar.
Pour les anglo-réfractaires (que nous ne saurions ici décemment blamer), le dingo agité que nous voyons là appelle les jeunes syriens à tuer et tuer encore ("kill 1,2,3,4" 0:17) et à bruler, bruler et encore bruler,et si ça ne suffit pas, à bien verser du diesel dans les rues avant d'allumer afin d'être sur et certain de tout cramer bien comme il faut.
Bref, un illuminé complet. A voir pour bien se rendre compte que ça existe.

vendredi 14 septembre 2012

Syrie : George Galloway répond à un journaliste islamiste



George Galloway, écossais né en 1954, député, en 2003, pour s’être opposé à la guerre en Irak à laquelle participe le Royaume-Uni il est exclu du Parti travailliste.

mercredi 12 septembre 2012

Ce que nous montre le reportage de Channel 4 sur la brigade Farouk



Voici un reportage très intéressant de la chaine anglaise Channel 4 réalisé par un journaliste français nommé Mani (...?) intégré avec les insurgés de la brigade Farouk près de Talbisah en Syrie. Cette brigade semble bénéficier d'un large soutien extérieur.

Certains des combattants ont de toute évidence eu une formation de sniper (1:15) et enseignent à leurs camarades les ficelles du métier. Ils utilisent des fusils M-16 automatique avec lunette de visée.
Deux types de canons anti-aériens sont présentés. Un ZU-23-2 canon bitube de 23 mm monté sur un camion bleu qui manque visiblement de stabilité. Un camion blanc est monté avec une mitrailleuse 14,5 mm ZPU-1 . Celui-ci semble un peu plus efficacement stabilisé. Comme la prise de vue en continu de la caméra le montre, il semble n'y avoir aucun manque de munitions pour ces armes (3:00).
Les combattants eux-mêmes expliquent qu'ils voient leur combat comme un conflit sectaire. Pour eux, il ne s'agit ni de l'armée syrienne ni de Bachar Al Assad, mais d'une lutte contre les chiites et les alaouites (3:50).
Pour planifier leurs opérations les insurgés utilisent des photos satellites haute résolution imprimées en couleur sur de grandes feuilles de papier glacé. (5:00). Mais par manque de coordination avec les autres brigades une attaque sur un poste de contrôle de l'armée syrienne a été annulée.
Deux pickups sont montés avec des canons sans recul 73mm SPG-9 (6:10). Ils sont apparemment neufs et encore une fois il ne manque pas de munitions.

L'arme que l'on peut voir à 6:40 est, selon MoA, un lance-grenades automatique chinois 35mm QLZ-89. Ce lanceur est tout sauf une arme courante qui circulerait sur le marché noir. C'est une arme d'infanterie légère moderne et puissante qui ne se trouve pas chez le revendeur libanais moyen d'AK-47 ou de RPG.
Les insurgés manipulent d'énormes liasses de billets, apparemment $ 110,000, pour l'achat de munitions et de nourriture (7:05).
Les membres de la brigade Farouk semblent être clairement salafistes. À 7:50 l'un d'eux se plaint que c'est la raison pour laquelle ils ne reçoivent aucun soutien du «monde libre». Il se demande pourquoi la "liberté" ne comprend pas sa liberté d'être salafiste.

On peut tirer plusieurs conclusions très claires de ce document :
Les insurgés ont été au moins partiellement formés.
Contrairement aux affirmations de Florence Aubenas, Mathieu Guidère et autres reporters qui travaillent pour les marchands d'armes, ils ont des armes très modernes et récentes et pas de manque de munitions.
 Leurs armes sont très peu susceptibles d'avoir été acheté au marché noir comme le reportage l'affirme pourtant,  les canons sans recul, les lance-grenades et leurs munitions ne sont certainement pas choses communes sur le marché noir.
 Il y a forcement un état derrière la livraison de tels armements. De même avec les photos satellites récentes, les importantes sommes d'argent, le matériel médical et de communication.

lundi 10 septembre 2012

"Si le Québec était indépendant..." - Bernard Drainville

 11 mai 2012 - Que ferait-on de différent dans le pays du Québec ? Réponse au ministre libéral Alain Paquet, qui pose la question à Bernard Drainville. -
bernarddrainville.org

dimanche 9 septembre 2012

Syrie : Au moins la moitié des rebelles ne sont pas des Syriens, selon J. Beres (MSF)

 (Tracey Shelton - GlobalPost)*

Voilà un témoignage de première main, venu d'un chirurgien au dessus de tout soupçon, qui met sérieusement à mal les affirmations de Florence Aubenas, Mathieu Guidère et consorts.
Alors Mme Aubenas, accuserez-vous Jacques Béres de ne pas avoir été sur place ?

Selon le médecin Jacques Bérès, cofondateur de Médecins sans frontières, qui a passé deux semaines à Alep à soigner les blessés des combats, les rebelles syriens ont été rejoints par des étrangers dans leur lutte contre Bachar al-Assad. Parmi ces djihadistes, il y aurait aussi des Français.
Le témoignage émane de Jacques Bérès, cofondateur de l'organisation Médecins sans frontières, à son retour de Syrie : des islamistes étrangers, notamment français, convaincus de mener une "guerre sainte", seraient venus gonfler les rangs des insurgés anti-Assad. Ce chirurgien français aujourd'hui âgé de 71 ans (il se décrit lui-même comme "un dinosaure de l'humanitaire") a soigné pendant deux semaines les blessés dans un hôpital contrôlé par les rebelles à Alep, où les combats font rage, et il est revenu en France en fin de semaine. Avant cela, il s'était déjà rendu cette année dans les ville d'Homs et Idlib. A Alep, contrairement à ce qu'il avait constaté au cours de ses missions précédentes en Syrie, il assure que la majorité - environ 60% - des blessés qu'il a dû soigner étaient des combattants et non des civils. Une preuve supplémentaire de la militarisation croissante des opposants à Bachar al-Assad. Et selon lui, au moins la moitié d'entre eux n'étaient pas des Syriens. "Il y a une assez forte proportion de fondamentalistes et de djihadistes (...) Ce qui les intéresse, c'est surtout l'après-Assad, l'établissement d'un régime islamiste et de la charia, en vue de l'Emirat mondial", a-t-il poursuivi. Parmi ces islamistes étrangers figuraient, selon lui, "quelques djihadistes français".
Source : TF1

PS : * Cette photographe a eu beaucoup de chance!

Entretien avec Salah Hamouri


Entretien avec Salah Hamouri | La Taverne des... par FEDOR-lepirate

samedi 8 septembre 2012

ONU : Les frappes aériennes occidentales en Libye sont une violation de la résolution du Conseil de sécurité, selon l'Inde

  «La R2P ne peut se révéler être un outil de légitimation de l'intervention des grandes puissances"

L’Inde a déclaré lors d'une réunion des Nations Unies sur le concept de «responsabilité de protéger» (R2P) que les frappes aériennes occidentales sur la Libye constituent une violation complète de la résolution n°1973 du Conseil de sécurité.

... Les détails dans The Hindu (en anglais)

mercredi 5 septembre 2012

Ce qui se cache derrière la fusillade des élections au Québec


Les orangistes contre le fait français 

Fondé en 1795 en Irlande du Nord afin de combattre pour la suprématie de la foi protestante et la monarchie britannique, le Loyal Order of Orange connut un essor phénoménal dans tout l’Empire, mais en aucun endroit, en dehors des îles britanniques, l’expansion du mouvement orangiste sera plus fulgurante qu’au Canada. Il sera au coeur du combat contre le fait français au pays
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, un Canadien anglais sur trois sera membre de cette organisation prônant la suprématie anglo-saxonne. L’Ordre d’Orange, qui représente l’intolérance érigée en système, aura alors une influence marquée sur la politique canadienne. Plus de 300 élus feront partie de l’Ordre, dont 4 premiers ministres fédéraux (Macdonald, Abbott, Bowell, Diefenbaker) et de nombreux premiers ministres provinciaux. À Toronto, on vibrera au son des tambours orangistes.
Le mouvement orangiste a été si important au Canada et a exercée une telle influence sur la vie sociale et politique canadienne qu’il s’est retrouvé impliqué au cœur des conflits qui ont bouleversés l’histoire de l’Amérique du Nord britannique. Des rebellions de 1837-38 aux débats plus contemporains sur l’unité nationale, en passant par les raids Fenian de 1866, les rebellions métisses de 1870 et 1885, la Guerre des Boers, les deux guerres mondiales, etc., le mouvement orangiste a joué un rôle de premier plan et a eu une influence considérable. Notamment, c’est en grande partie à son action que l’on doit toutes ces lois canadiennes-anglaises (le Règlement 17 ontarien est la plus célèbre) pour interdire l’éducation en français au Canada.
En fait, l’Ordre d’Orange suscitera lui-même de nombreuses crises linguistiques et politiques. En plus des crises des écoles françaises au Canada anglais, on peut penser aux émeutes de 1820 et des années 1840 au Nouveau-Brunswick, à l’émeute Gavazzi ou à l’incendie du Parlement de Montréal en 1849, au piétinement du drapeau québécois à Brockville (ville d’origine de l’orangisme canadien organisé) en 1990, pour ne nommer que quelques crises politiques pour lesquelles le mouvement orangiste ne sera pas seulement qu’un acteur, mais bien le provocateur et le principal moteur.
Qui plus est, le mouvement orangiste canadien développera même la capacité d’enfanter des mouvements encore plus intolérants et racistes que lui (le paroxysme de l’intolérance canadienne-anglaise, pourrions-nous dire), notamment le Ku Klux Klan canadien, mouvement hautement intolérant qui sera lui aussi en mesure d’alimenter et de faire naître les crises et les conflits. Ensemble, ils combattront le français au Canada avec une épouvantable efficacité. Pour cause, le KKK canadian sera présent d’un océan à l’autre, suivant le sillon orangiste, et comptera plus de 60 000 membres en règle à son apogée! Le journal albertain du KKK produira à lui seul, dans les années 1920, un tirage de… 250 000 exemplaires!
L’Ordre d’Orange, et les mouvements qu’il contribuera à faire naître, joueront un rôle immense dans le génocide culturel des francophones au Canada. Or, encore aujourd’hui, le mouvement demeure présent et actif au pays, avec une vitalité étonnante d’ailleurs, même si leur objectif a été en grande partie atteint : empêcher que le fait français au Canada déborde des frontières d’un Québec qu’ils honnissent.
Pour plus d’informations :
BÉGIN, Pierre-Luc, Loyalisme et fanatisme. Petite histoire du mouvement orangiste canadien, Québec, Éditions du Québécois, 2008.



"Speak White" de Michèle Lalonde interprété par Pierre Falardeau

mardi 28 août 2012

Comprendre la situation en Syrie : Interview de Bassam Tahhan



Interview de Bassam Tahhan. 30mn d'utilité publique, afin de mieux comprendre la situation actuelle en Syrie. Bassam Tahhan, franco-syrien, nous explique les tenants et les aboutissants du conflit qui ensanglante actuellement la Syrie.

Source :

vendredi 24 août 2012

La BBC censure une vidéo montrant des rebelles syriens forçant un prisonnier à commettre un attentat suicide



La BBC vient de censurer un article et une vidéo montrant les rebelles de l'ASL en train de forcer un prisonnier à commettre un attentat suicide, sans doute parce que cela ne collait pas très bien avec l'image de "courageux combattants de la démocratie" qu'il convient de leur accoler.

La vidéo, dont une copie peut être vue ci-dessus (la version originale de la BBC a été supprimée), montre des rebelles de l'Armée syrienne Libre préparant une bombe qui est chargé sur l'arrière d'un camion pour exploser à un poste de contrôle du gouvernement dans la ville d'Alep.
Le reportage montre comment les rebelles ont réquisitionné un appartement appartenant à un capitaine de la police syrienne. On voit les rebelles se  moquant des photos de famille du capitaine de police et batifolant joyeusement dans sa piscine.
La vidéo montre ensuite un prisonnier qui, selon les rebelles, appartiendrait à une milice pro-gouvernementale (shabbiyas). Ecchymoses et  autres séquelles de torture sur son corps sont expliquées comme ayant été causées par ceux qui l'avaient capturé avant qu'il ne soit pris en charge par les rebelles qui eux, font mine de bien le traiter, lui offrant une cigarette et lui proposant une douche.

Ensuite, les rebelles lui affirment qu'il va faire l'objet d'un échange de prisonniers. Le prisonnier a les yeux bandés et on lui dit de conduire un camion vers un poste de contrôle du gouvernement.
"Ce qu'il ne sait pas, c'est que le camion est celui qui a été chargé de 300 kilos d'explosifs au début du film", affirme le narrateur.
Le clip montre ensuite les rebelles revenant déçus après qu'il se soit avéré que le détonateur à distance a fait long feu et que la bombe n'a pas explosé.
Le narrateur de la BBC admet que forcer les prisonniers à devenir des kamikazes "serait certainement considéré comme un crime de guerre."
Les reporters du New York Times qui ont réalisé la vidéo, affirment  qu'ils n'avaient aucune connaissance du complot. Une version plus longue du film est  sur le canal YouTube du New York Times . Un film à la gloire des combattants rebelles pompeusement nommés "Les Lions du Tawhid".

Quelques heures seulement après sa mise en ligne, l'article a subitement disparu du site de la BBC pour ne plus laisser apparaitre qu'un message "404 NOT FOUND".

 En outre, une version YouTube de la même vidéo initialement publiée sur le site officiel  "BBC News 2012" a été également supprimée. YouTube prétend que la vidéo a été retirée après une "revendication du droit d'auteur par la British Broadcasting Corporation" pourtant la vidéo n'a pas été envoyée par un tiers, mais a  bien été postée sur le canal officiel de la BBC , comme la capture d'écran ci-dessous le prouve.

Il semble clair que cette vidéo a été supprimée car elle ne collait pas avec la "narrative" officielle des médias nous présentant les rebelles comme des "combattants de la liberté" mais plutôt avec celle du régime de Damas les qualifiant de "terroristes", obligeant la Bib à opérer un rétropédalage en catastrophe quelques heures seulement après avoir bien imprudemment publié cet embarrassant reportage sur son site et sa page YouTube.

Source: PrisonPlanet.com 

mercredi 22 août 2012

La Syrie, jusqu’à quand ?


Par Hubert de GEVIGNEY
Officier
Contre amiral (2S)


Hormis la cruelle Russie et l’énigmatique Chine, il semble bien désormais que tout le monde trouve parfaitement normal qu’un pays soit l’objet d’une entreprise de déstabilisation en partie menée par des forces et financée par des capitaux venus de l’étranger.
L’angélique devoir d’ingérence et le 11 septembre sont passés par là, curieux mélange qui donne bonne conscience aux anciens puissants que nous sommes et l’illusion de puissance aux assiégés que nous sommes en train de devenir. Les Syriens ont-ils vraiment besoin que le monde occidental ajoute ses certitudes confites et sa morale manichéennement correcte à leur problème qui n’est pas simplement de se débarrasser d’un régime autoritaire ?
On entend des « il faut que Bachar El Assad s’en aille » confortables et ingénus, adressés à la ménagère de quarante ans, un peu comme on lui assure par ailleurs qu’on va décréter la croissance.
Il n’y a pas si longtemps encore, on partait au Moyen-Orient « avec des idées simples », avec au moins la sagesse de penser que ces dernières pourraient être mises à l’épreuve d’une réalité plus subtile. Aujourd’hui on y va  - quand on y va ! – et on en revient avec les mêmes idées préfabriquées que l’on avait au départ.
Pire encore, on y va en traînant nos propres contradictions, empêtrés de nos alliances de circonstance, et l’on s’étonne, étant évidemment du côté des bons autoproclamés, que le miracle n’opère pas. Serait-ce que la situation est moins simple qu’il n’y paraît et jusqu’à quand notre microcosme politico-médiatique feindra-t-il de n’en rien savoir ?
Pourtant, depuis le début du conflit, des voix et des témoignages se sont élevés qui, pour le moins, auraient dû inviter à douter quelque peu des intentions de l’hirondelle censée faire le printemps d’un des tout derniers pays arabes qui résiste, selon l’esprit de sa constitution, à la poussée islamiste…
Car enfin… Peut-être bien que nos journalistes ne se sont pas trouvés très nombreux à exercer leur devoir d’informer quand, au tout début du conflit, des bandes venues de toutes parts, en partie commandées par des chefs de guerre fraîchement arrivés de Libye où ils venaient de réaliser la libération que l’on sait, ont envahi brutalement des quartiers entiers de Homs, obligeant des dizaines de milliers de chrétiens, druzes, chiites et sunnites modérés à leur abandonner leurs maisons pour aller se réfugier dans les montagnes.
Peut-être bien qu’à ce moment-là, notre docte ministre des affaires étrangères de l’époque, subitement va-t-en guerre, encore sur le petit nuage de notre victoire sur Kadhafi, n’était pas tout à fait en phase avec les comptes-rendus de situation qu’il recevait de notre ambassade à Damas.
Alors que sur nos chaînes de télévision s’expriment à souhait des combattants filmés curieusement le plus souvent à la frontière vers la Syrie, barbus et sans moustache (signe extérieur des salafistes), peut-être bien que l’on n’interroge pas beaucoup ceux des Syriens qui se demandent pourquoi on veut absolument voir se réinstaller chez eux un régime qui les a oppressés pendant des siècles et qui, en revanche, pourraient expliquer pourquoi ils se battront jusqu’au bout – avec Bachar El Assad ou pas – pour conserver leurs acquis.


A cet égard, il est curieux que le récent témoignage, sur nos ondes nationales, du chef du parti communiste syrien – il y en a un, et même avec deux courants, ce qui n’est pas trop mal pour une dictature ! – n’ait pas eu plus d’écho dans notre microcosme bien pensant, au moins chez nos nostalgiques du grand soir. Il faut dire qu’il y demandait expressément qu’on laisse les Syriens régler leurs problèmes entre eux car l’expérience montrait – et de citer ceux que l’on venait d’aider généreusement à accéder à la démocratie (!) - que chaque fois qu’un pays arabo-musulman recevait l’aide de la communauté internationale, il faisait un bond de cinquante ans en arrière. Peut-être bien aussi, dans notre petit registre d’exception national, qu’il était gênant de reconnaître depuis le début que le reporter de France 2 était plutôt tombé sous les tirs des insurgés que sous ceux de l’armée régulière. Peut-être bien encore…

Le « niet » de la Russie aura eu au moins l’avantage de donner le temps aux moutons occidentaux de ne pas se précipiter une fois de plus dans le ravin du manichéisme dominant. Quelques récents – encore timides – signes de retenue dans les propos des politiques et d’ouverture dans certains médias de masse laissent espérer que l’on pourrait en venir enfin à appréhender la situation dans toute sa complexité. Ce qui doit soulager nombre de sages observateurs arabes (autres que ceux de la Ligue du même nom) décontenancés par la tournure qu’ont prise les événements depuis le début du fameux printemps. On peut comprendre l’attitude de la Russie.
Certes, toujours dans l’esprit de Pierre le Grand, elle ne lâchera pas son allié qui, à défaut de Dardanelles et de Bosphore, lui permet un semblant d’accès à la Méditerranée, mais aussi, forte de son expérience avec ses anciennes républiques musulmanes et de sa qualité de loser en titre (qu’elle risque de perdre au profit des Occidentaux quand nous aurons quitté l’Afghanistan !) elle sait que ce n’est pas par la force que l’on imposera notre vision démocratique au monde arabo-musulman. Et puis, en Russie, on excelle aux échecs et l’on pense au moins au coup d’après…
La grande question reste de savoir pourquoi, d’un côté, ceux qui l’avaient armé ont dépensé plus de mille milliards pour la peau d’un terroriste qui, dans le fond, a gagné puisque tout le monde a peur, surtout les puissants, et, pourquoi de l’autre, on encourage ceux qui se réclament d’un courant comparable, à prendre le pouvoir dans tout le Moyen-Orient et à l’est du Maghreb….
Pour ce qui concerne les intentions de l’Oncle Sam, on sait. Elles ne changeront pas jusqu’à l’épuisement des ressources fossiles des monarchies théocratiques du Golfe arabo-persique. Quant à ces dernières, elles mettent les bouchées doubles à tenter de rattraper ce qu’elles n’ont pas fait pour entrer dans l’Histoire en presque un siècle de gaspillage de leurs pétrodollars…
S’agissant d’Israël, on imagine mal son intérêt à avoir un pays islamiste de plus à sa frontière, et non la moindre. Et pour nous Européens, et Français en particulier ? Le refus de participer à l’invasion de l’Irak et à la chute du régime de Saddam Hussein aurait pu laisser entendre que nous avions encore une « politique arabe » singulière. On peut se demander maintenant si elle n’était pas déjà dictée par le souci de ménager en interne une partie grandissante de notre population.
C’est que pour certains experts en géostratégie, la carte de l’Europe occidentale porte déjà de significatives hachures à la couleur de l’Islam. Pourtant, si d’aventure on finissait par reconnaître ce qui se passe actuellement en Syrie, on en viendrait peut-être à comprendre ce qui pourrait rapidement nous menacer chez nous.
Dans l’immédiat, si l’on veut en connaître – et l’on n’y trouvera pas de panégyrique de Bachar El Assad ! – il est encore préférable d’acquérir le dernier SAS (en deux tomes !) plutôt que de se fier aux rodomontades et effets de brushing de quelque « maître à penser », ego-victime en diable de notre désolant paysage politico-médiatique, auquel on a pu abandonner, l’espace d’une guerre, notre pensée stratégique.

vilistia.com

mardi 21 août 2012

La Syrie, ses amis et les chancelleries occidentales



Par bassam tahhan


Nombreuses associations qui luttent pour la démocratie n'ont pas
été invitées à la conférence des Amis de la Syrie

Quelles sont donc les conditions à remplir pour être considéré comme « Ami de la Syrie » ?

Un examen (non-exhaustif) des conviés nous permet de se faire une certaine  idée :

IL FAUT :
-Refuser toute négociation avec le pouvoir actuel
-Ne  pas accepter de solution politique sans le départ du président, fusse-t-il illégal
-Être pour une intervention militaire, même sans l'accord du conseil de sécurité
-Affirmer que les djihadistes forment une minorité insignifiante de la rébellion
-Pardonner aux tribunaux d'inquisition islamiste de l'ASL leurs crimes, car toute révolution a son lot de terreur et d'injustice
-Bénir les états amis qui prônent l'application de la chariaa
wahhabite et qui fournissent les rebelles en armes,   cela fait tourner nos usines.
-Ne  jurer que par Aljazira comme source fiable d'informations sur la crise syrienne
-Approuver  la formation militaire des volontaires islamistes pour éviter les dommages collatéraux
-Croire que les monarchies oligarchiques du pétrodollar sont un exemple de démocratie
-Reconnaître le CNS comme seul et unique représentant légitime du peuple syrien,  les autres partis d'opposition illégitimes refusant les générosités des services secrets.
-Affirmer que les marchands de kebab des OSDH de Londres disent la vérité et rien que la vérité sur le nombre de morts  et les crimes de l'armée loyaliste
 -Avaler qu’aider des terroristes avec des moyens de communication et non des armes c'est se placer du bon côté de l'histoire
-Approuver  les sanctions qui, évidemment, aident le peuple syrien à sortir de sa misère
-Souhaiter que la Syrie suspende toute   relation avec le Hezbollah, l’Iran et  toute forme de résistance palestinienne
-Hâter la signature d’un accord de paix avec Israël en refusant aux palestiniens le droit de retour
-Donner le Golan à Israël contre une coopération économique avec ce pays ami
-Réduire la future armée syrienne au moins de deux tiers, et  de plus, ce serait encore mieux
 -Tolérer que les états sunnites du Proche-orient  persécutent leurs minorités ethniques et religieuses chiites, chrétiennes et kurdes pour préserver l'unité nationale
-Accepter qu'Israël possède l'arme et l'énergie nucléaires mais pas les pays voisins si loin de la démocratie
-Admettre que les dictacteurs arabes tortionnaires de leur peuple aient « le droit d’être sur terre »  , s’ils sont nos amis et soutiennent nos économies.


-Si vous avez été consultant ou conseiller auprès d'un parti politique salafiste, c'est un plus.
-Si vous avez  travaillé dans une société écran d'espionnage pour la CIA qui se fait passer pour une ONG des droits de l'homme,   c'est également un grand atout.

-Il faut réunir au minimum deux conditions de  cette liste pour être admis au club doré des amis de la Syrie

Décidément,  je ne suis pas un ami et je ne le serai jamais, n'en déplaise au président du club
Mais est- il si sûr de ne pas être, lui,   un ennemi de la Syrie ?

MEDIAPART

Le témoignage de Jean-Claude Antakli sur la situation en Syrie

  Jean-Claude Antakli (© D.R)
Par HUGUES MENATORY

Ce biologiste franco-syrien, passe de nombreux mois chaque année dans son pays natal. Son discours tranche avec l’opinion dominante.

 Pour l’Occidental, le Moyen-Orient est une terre compliquée. Berceau forcément secoué des religions monothéistes, territoire convoité en raison de ses énergies fossiles, cette zone abrite aussi bien la voie royale qui mène à Byblos, la mère de toutes les bibliothèques, que le chemin chaotique de Damas qui pourrait être celui qu’empruntent, en pure perte, les voies diplomatiques.

La Syrie, à cet égard, est une sorte de symbole, dont le passé civilisationnel est l’un des plus riches qui soit, alors que le présent fait la part belle à la barbarie.
Une situation qui ne cesse de se dégrader
Jean-Claude Antakli ne peut se résigner à cela. Ce biologiste franco-syrien passe plusieurs mois chaque année dans son pays natal. Son épouse Geneviève, biologiste elle aussi, y a créé une école d’infirmières, il y a trois ans. On conviendra volontiers qu’ils peuvent être considérés comme des observateurs privilégiés d’une situation qui ne cesse de se dégrader, et dont on nous dit volontiers qu’elle serait le fait d’un seul homme, Bachar el-Assad. "Je suis très affecté par tout cela", affirme Jean-Claude Antakli. "Je suis un homme libre, je n’ai aucune connivence avec qui que ce soit, mais je suis abasourdi par la manière dont les médias européens retracent généralement les soubresauts qui affectent gravement la société syrienne."
Une manipulation des opinions
Pour parler clair, Jean-Claude Antakli a l’impression que les dés sont pipés, que la manipulation bat son plein, avec le Qatar et l’Arabie Saoudite à la manœuvre, pions avancés d’un américanisme qui lorgne à la fois sur le pétrole et sur la formidable réserve de gaz (la plus grande du monde) qui vient d’être découverte en territoire syrien.
"Certes", précise-t-il, "tout n’est pas parfait en Syrie. Mais les femmes peuvent se promener en minijupes, et le niveau de vie progressait de 6 % par an depuis une dizaine d’années. On nous parle d’une intervention en faveur de la démocratie. Mais de quelle démocratie s’agit-il, alors même que le peuple n’a pas été consulté ? Aujourd’hui, ces mêmes démocraties s’efforcent de lutter contre le terrorisme islamiste, mais c’est lui qu’elles soutiennent en Syrie, ne nous y trompons pas. On trouve aujourd’hui, dans le pays, près de 50 000 mercenaires libyens, afghans ou irakiens qui sèment la terreur..."
Contre une intervention occidentale
Jean-Claude Antakli regrette que la France, son autre patrie, soit devenue "faible sur le plan de la politique internationale. Elle n’est plus gaullienne". Pour lui, les insurgés ont perdu la partie, et c’est pour cela qu’ils demandent une intervention militaire aux occidentaux.
Des témoignages, Jean-Claude Antakli en a récolté des centaines. Tous vont dans le même sens : que les occidentaux ne se mêlent pas des affaires syriennes. Qu’ils n’essaient pas d’importer leurs concepts philosophico-politiques dans des contrées qui n’ont ni les mêmes mœurs, ni la même histoire. Et que, dans cet écheveau, dont tous les fils déclenchent des tirs de mines, on essaie de faire la preuve d’un minimum de réalisme.
Jean-Claude et Geneviève Antakli gardent la foi
Tout cela, bien sûr, peut ressembler à une succession de vœux pieux dans une région qui en a tellement connus. Mais Jean-Claude Antakli a la foi. Celle qui sauve l’âme. Chrétien, il se souvient de ces temps heureux, et pas si lointains, où la cohabitation était heureuse entre les diverses communautés. Il ne peut donc que frémir en entendant le slogan qui a cours en ce moment : Les Alaouites (dont est issu Bachar el-Assad) au tombeau, les chrétiens à Beyrouth.
La partie est-elle perdue pour autant, et le pays va-t-il sombrer à l’image de quelques-uns qui ont été “libérés” à l’occasion du fameux printemps ? À cet égard, Jean-Claude et Geneviève Antakli aiment à citer un contre-amiral, Hubert de Gevigney, qui se demande bien pourquoi, chaque fois qu’un pays arabo-musulman reçoit de l’aide internationale, il fait un bond de cinquante ans en arrière...
Tous deux savent, en tout cas, que l’alternance ne sera pas facile. "Avec ou sans Bachar el-Assad, car ils sont nombreux à pouvoir le remplacer. La France doit aider à faire le bon nettoyage. C’est-à-dire à sortir les terroristes du pays. Nous sommes malgré tout relativement optimistes, car le peuple syrien, dans son immense majorité, et toutes religions confondues, est soudé".
Un livre pour alerter
Nous l’avons dit, Jean-Claude Antakli, animé de sentiments religieux, a l’espoir chevillé au corps. Cela ne l’empêche pas de craindre un nouveau conflit mondial si le conflit interne syrien devait encore dégénérer, et si, dans le même temps, Israël en profitait pour attaquer l’Iran. La tentation de l’Apocalypse, en “Terre sainte”, n’est jamais loin. Il vient pourtant de terminer un livre, histoire de conjurer le mauvais sort.
Le silence de Dieu, (éditions du Parvis), se veut, selon son auteur, "un testament adressé à la jeunesse d’aujourd’hui. Un combat pour la paix et la liberté, en espérant qu’il ne s’agisse pas d’une voix dans le désert".

Midi Libre

Agitprop occidentale sur la Syrie, un art où rien n’est laissé au hasard

Gentils rebelles en Syrie

Par Bahar Kimyongür

Il faut le reconnaître : en affaires intérieures comme en géopolitique, nos médias, nos intellectuels et nos stratèges mainstream manient à merveille l’art pour ne pas dire l’arme de la rhétorique inversée. A vouloir en découdre à tous prix avec le gouvernement de Damas d’une part et purger l’espace public des voix critiques et dissidentes sur le conflit syrien d’autre part, ils n’ont pas peur de verser dans l’idéologie, la propagande et le militantisme dignes des troupes de théâtre soviétiques d’agitprop. On trouvera bien sous leur plume une touche autocritique de ci de là pour se donner des airs pluralistes et libertaires. Mais consciemment ou pas, ils nous resservent la vieille soupe habituelle dans leur gamelle de soldats du système. Coup de projo sur la guerre des mots menée par nos « experts » embedded en Syrie. Sans blindé et sans camouflage. 

Méchants islamistes en France

C’était déjà le cas lors du conflit libyen de l’an dernier. Un banlieusard de Benghazi recruté dans une mosquée salafiste mimant une décapitation avec son pouce sur son cou aux cris d’Allah ou Akbar, devenait miraculeusement un mignon combattant de la liberté.

En revanche, ses compagnons français du « gang de Roubaix » ou de « Forsane Al Izza » n’ont pas eu droit aux mêmes éloges. On se souviendra que les unités du RAID n’avaient pas fait dans la dentelle pour « neutraliser » le frère toulousain du barbu de Benghazi.

Alors, imaginez la tête et le discours des présentateurs du JT de TF1, imaginez l’attitude de l’armée française si 6.000 à 8.000 Mohamed Merah se déployaient dans Paris, Marseille ou Lyon comme à Homs, Damas ou Alep. Oserait-t-on parler de « soutien populaire » à propos de ces djihadistes s’ils trouvaient des appuis dans certaines cités HLM ?
(...)
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mardi 7 août 2012

Les règles de la propagande de guerre


Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.
 
1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.



Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.


La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :

1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.

De tout cela, zéro bilan.

Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.


L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.



Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.


- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).


- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.


- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.


- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.


- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.


- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.


Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.



Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.


En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.


En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.


En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.


En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.


En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.


En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.


La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.



Règle N° 4. Organiser l’amnésie.


Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.


Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.


Source : michelcollon.info

mardi 12 juin 2012

Guerre monétaire : l’Allemagne est-elle l’idiote utile de ceux qui ont tout à gagner d’un éclatement de la zone euro ?


Bizarre de s'appeler Atlantico.fr et de publier un texte aussi anti-américaniste...
Excellente analyse en tout cas, où  JL Schaffhauser démontre bien la stratégie d'infection de l'Euroland par le virus des CDS, arme bactériologique dédiée à la préservation de l'hégémonie du dollar sur l'économie mondiale, ainsi que la complicité des élites européennes dans cette agression menée contre leurs propres peuples. Une belle bande d'idiots utiles et de collabos...


Les produits dérivés, ces opérations financières dérivées d’autres opérations, ne sont toujours pas régularisés. Mais pourquoi l’Europe rechigne-t-elle à condamner les criminels financiers, et utiliser le bouclier qu’est la BCE contre ce type de dérives ?
  • a Grèce a été intégrée à la zone euro sous la pression politique des États-Unis. Elle a dû fausser ses comptes pour cette raison avec la complicité de Goldman Sachs, société américaine qui pour cette simple raison aurait dû se voir interdire toute activité en Europe, ses responsables interdits de toute activité bancaire et a fortiori de toute responsabilité publique. Mais ses comptes faussés le furent en raison de cette intégration voulue, ils furent un secret de polichinelle ; ses acteurs purent, au contraire, – pour service rendu – accéder aux plus hautes responsabilités bancaires et publiques. Nous les retrouvons au centre de la politique en Grèce et en Europe.
  • On aurait eu l’intention de faire sauter la zone euro, on ne s’y serait pas pris autrement ! Il fallait imposer le maillon faible, car alors la résistance de la chaîne serait au niveau de ce maillon. Néanmoins avec 2.3% du PIB de la zone euro, ce maillon ne pouvait que difficilement affaiblir la zone, car il pouvait être renforcé par la solidarité. Il fallait, dès lors, construire l’effet papillon avec un château de cartes de produits dérivés de crédit, sous la dénomination d’une assurance de crédit sur les dettes souveraines ou CDS. Le risque grec fut ainsi étendu aux autres pays du Sud, il fut amplifié, démultiplié… Si une pièce du château de cartes financier tombait, la zone euro s’effondrerait. Les produits dérivés devinrent cette arme de destruction massive qui pouvait être utilisée contre l’euro et contre l’Europe, à tout moment.
  • Ces produits dérivés sont toujours non régulés. S’il y avait bien une chose à faire, après la crise financière de 2008, et une seule immédiatement à faire en Europe, messieurs de la Commission, c’était cela, réguler les produits dérivés ! Mais les régulateurs européens se sont par contre empressés, avec Bâle III et Solvency II (réglementations financières), de s’en prendre aux banques et assurances européennes en mettant en doute leur solvabilité en raison de la crise. Ces institutions financières européennes étaient certes durement fragilisées – et sans doute devront-elles, à la fin, être reprises en main dans le giron de la collectivité – mais on oubliait les causes de la crise, les coupables, ces institutions, ces hommes qui ont fabriqué des produits dérivés pourris et les ont vendus à nos institutions financières en sachant qu’ils étaient pourris.
  • Par la régulation européenne, on chercha, à réguler les conséquences du crime sans tourner son regard sur le criminel, et donc sur les causes. On associa, en outre, le risque souverain et le risque bancaire. On fragilisa encore plus le système financier européen sans s’en prendre évidemment aux institutions américaines qui ont organisé, planifié, la vente de produits pourris en Europe, contre l’Europe. Ces mêmes produits notés AAA par des agences qui auraient dû être mises également en faillite – comme les banques américaines – par le poids des contraventions, à la hauteur du délit et de ses conséquences pour l’Europe, que cette dernière, souveraine, aurait dû exiger en indemnisation.
  • Pour s’assurer que cette mécanique contre l’Europe et l’euro fonctionnerait, il fallait évidemment que la Banque centrale européenne fût incapable d’intervenir massivement sur le marché de la dette souveraine, car alors, à tout moment, la crise importée pouvait être stoppée. L’Europe, par sa souveraineté monétaire, échapperait à cette déstabilisation. Il suffisait, en effet, qu’elle décide de créer deux fois moins de monnaie que la Fed, à cette époque, pour arrêter toute crise en rachetant toute la dette grecque et portugaise, ainsi que la moitié de la dette espagnole soit 1 000 milliards (donnés ultérieurement mais aux banques), alors que la Fed venait de créer 2 000 milliards de dollars pour diluer la crise des subprimes, et qu’elle avait même donné sa garantie à nos banques, pour bien marquer son contrôle sur le système financier occidental.
  • En suivant la création monétaire de la banque de Chine, la BCE pouvait même ramener toutes les dettes européennes à 60% du PIB. Ce qui mettait la monnaie de base européenne au-dessus du niveau mondial, en pourcentage du PIB, mais, pour la première économie mondiale, cela n’avait rien de choquant. Un euro ramené à un dollar eût été la conséquence première de cette manœuvre qui n’eût rien coûté à la collectivité ; eût dopé les exportations européennes.
  • Cette mesure aurait eu pour conséquence aussi de faire de l’Euro une monnaie de réserve. Nos fondamentaux sont meilleurs que ceux de l’économie américaine, et avec tous ces euros créés, les pays émergents pouvaient ainsi diversifier leurs réserves actuelles en dollars, s’ils en avaient, du moins, la volonté. Nous pouvions le leur demander, du fait que nous sommes, à tort, l’économie la plus ouverte au monde et que nous voulons aussi un monde multipolaire !

L’industrie financière américaine n’a jamais vu d’un bon œil les vélléités européennes de souveraineté monétaire. Le dollar devait dominer comme monnaie internationale avec les avantages de faire payer aux autres pays les déficits américains. La Bundesbank, dont les statuts furent rédigés par les Américains qui occupaient alors l’Allemagne (et qui se permirent, en outre, de mettre un ancien nazi à sa tête) devint le modèle de la banque centrale exerçant sa souveraineté monétaire sous influence américaine. Ce modèle s’imposa à tout l’Occident sous le nom d’indépendance de la Banque centrale (en France, avec la loi de 1973 qui ôtait à notre pays toute souveraineté monétaire). L’euro pouvait faire concurrence au dollar, il fallait donc que la banque centrale européenne fût à l’image de la Bundesbank, permettant par là l’industrie financière américaine de mieux conserver son influence.


Oui, il y a un crime contre l’Europe et contre le peuple grec qui subit cette histoire comme l’enfant faible d’une famille. Mais il y aura aussi un crime de haute trahison contre l’Europe des Européens qui refusent aujourd’hui d’utiliser le bouclier qu’est la BCE en raison de l’abandon organisé de notre souveraineté monétaire. Il est urgent de modifier le statut de la BCE, statut qui empêche de prêter directement aux États et de contourner immédiatement ce statut en faisant du MES – Mécanisme européen de soutien – une banque pouvant se fournir directement à la BCE pour fournir les États en difficulté qui ne peuvent plus s’approvisionner sur les marchés. Il faut éteindre l’incendie.
Par ailleurs, il faut évidemment et en même temps, engager un programme de croissance par l’offre et l’investissement rentable pour que les pays du Sud puissent – compte tenu de leurs déficits structurels de la balance des paiements, leur manque de production de richesses – produire plus pour faire face à leur demande.
Nous enfermons nos démocraties dans cette alternative : ou bien le suicide par la mauvaise rigueur, ou bien le suicide par la sortie de l’euro, qui laissera au dollar sa place de monnaie internationale sans concurrence.
Aujourd’hui, le « crime de haute trahison » contre l’Europe, c’est le refus européen de juger ceux des financiers américains ayant sciemment alimenté la crise, avec le refus d’utiliser le bouclier monétaire de la BCE pour contrer cette guerre économique. Si l’Allemagne refuse, elle portera la responsabilité de l’affaiblissement de l’Europe, en étant l’idiote utile de cyniques intérêts étrangers venus d’Outre-atlantique.

Atlantico.fr

jeudi 7 juin 2012

"La paix en Syrie pourrait être sauvée si tous disaient la vérité."

 Les "rebelles" de l'ASL, des gars visiblement sympas

Après un an de conflit, la réalité sur le terrain est loin du cadre qu’impose la désinformation des moyens de communication de masse occidentaux” : c’est ce qu’affirme, dans un témoignage envoyé à Fides, l’Evêque français Philippe Tournyol Clos, Archimandrite gréco catholique melkite qui a visité ces jours derniers la Syrie, se rendant dans différentes villes, telles que Damas, Alep et Homs.
 
»A Homs, qualifiée de “ville martyr”, les forces d’opposition ont occupé deux quartiers, Diwan Al Bustan et Hamidieh, où se trouvent toutes les églises et les Evêchés raconte à Fides l’Archimandrite. “Le spectacle qui s’offre maintenant à nos yeux – continue-t-il – est celui de la plus absolue désolation : l’église de Mar Élian est à demi détruite et Notre-Dame de la Paix saccagée (près de laquelle on a trouvé plusieurs personnes égorgées) est encore occupée par les rebelles. Les maisons, très endommagées par les combats de rue sont entièrement vidées de leurs habitants qui ont fui sans rien emporter ; le quartier d’Hamidieh constitue encore aujourd’hui le refuge inexpugnable de bandes armées indépendantes les unes des autres, fournies en armes lourdes et en subsides par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Tous les chrétiens (138.000) ont pris la fuite jusqu’à Damas ou au Liban ; ceux qui n’y avaient pas de parents se sont réfugiés dans les campagnes avoisinantes, chez des amis, dans des couvents, jusqu’au Krak des Chevaliers. Un prêtre y a été tué ; un autre, blessé de trois balles dans l’abdomen, y vit encore ainsi qu’un ou deux autres, mais ses cinq évêques se sont prudemment réfugiés à Damas ou au Liban”.
»Le Prélat continue: “Dans la capitale, ce que l’on appréhende le plus sont les voitures piégées et les attentats à la bombe, la plupart du temps, le fait de kamikazes alléchés par l’appât du gain, le désir du paradis d’Allah, ou bercés du rêve sunnite de la fin des alaouites au terme de 40 ans de règne. Actuellement, on tente une déstabilisation sanguinaire et systématique du pays par des aventuriers qui ne sont pas syriens. Cette information, qui va à l’encontre des journaux et des reportages télévisés, l’ex-ambassadeur de France, Éric Chevallier, n’avait eu de cesse de la faire entendre alors que de nombreuses informations continuent à être falsifiées afin d’alimenter la guerre contre la Syrie” dénonce l’Evêque à Fides. A Damas, au cours de ces dernières semaines, ont été enregistrés de terribles attentats ayant fait 130 morts (dont 34 chrétiens), 400 blessés et ayant endommagé de nombreuses maisons. “La consternation est générale, le chagrin indescriptible et les nombreuses funérailles déchirantes” note l’Archimandrite, rappelant que le peuple syrien est un peuple simple et joyeux. A propos des chrétiens, l’Evêque déclare : “Les chrétiens vivent en paix, partageant les souffrances de tous mais ils sont prêts à admettre de ne s’être jamais senti aussi libres par le passé et à rappeler la pleine reconnaissance de leurs droits de la part de l’actuel gouvernement”.
»Mgr Philippe Tournyol Clos raconte la clef de lecture de responsables chrétiens et musulmans syriens, qui affirment : « Les ennemis de la Syrie ont enrôlés les Frères Musulmans dans le but de détruire les relations fraternelles qui existaient depuis toujours entre les musulmans et les chrétiens. Pourtant, à ce jour, ils n’y sont pas parvenus : ils ont même provoqué une réaction contraire et rapproché comme jamais auparavant tant les communautés que les individus ». Les militaires syriens continuent à se trouver face à des combattants étrangers, mercenaires libyens, libanais, militants des Etats du Golfe, afghans, turcs. “Les militants sunnites salafistes – déclare l’Evêque – continuent à perpétrer des crimes sur les civils ou à recruter des combattants de force. Les extrémistes fanatiques sunnites combattent avec orgueil une guerre sainte contre les alaouites. Lorsque des terroristes veulent vérifier l’identité religieuse d’un suspect, s’il se dit chrétien, ils lui font réciter le Je crois en Dieu et le laissent partir. S’il se dit ismaélite, il lui est demandé de donner les généalogies qui remontent à Moïse. S’il se dit sunnite, ils exigent qu’il récite une prière dont les alaouites, eux, ont retiré un passage. Les alaouites n’ont aucune chance de s’en tirer vivant.”»

Rapporté par DeDefensa.org

vendredi 1 juin 2012

Modèle allemand : Le rêve du grand patronnat français

MODELE ALLEMAND, NON MERCI… dans etranger

Pas de salaire minimum : plus de 6,55 millions de personnes en Allemagne touchent moins de 10 euros brut de l’heure, 2 millions d’employés gagnent moins de 6 euros de l’heure, et  ils sont nombreux à vivre avec moins de 4 euros par heure, c’est-à-dire moins de 720 euros par mois pour un temps complet.
Pauvreté : 6,5 millions de travailleurs, c’est à dire 22% des actifs, vivent sous le seuil de pauvreté. Les 10% des travailleurs les plus pauvres ne gagnent que 259 euros par mois. Les 10% d’au dessus gagnent seulement 614 euros par mois. Il y a 12 millions de pauvres,  et entre 1992 et 2006, le revenu des 10% les plus pauvres a baissé de 13%, tandis que celui des plus riches s’est accru d’un tiers.  En février 2010, le droit au “minimum vital digne” garanti par la constitution est passé de 359 euros par personne à 374 euros.., 80% des actifs ont perdu du pouvoir d’achat entre 2000 et 2010.
Précarité de l’emploi, explosion du temps partiel et de l’intérim : les réformes ont conduit à une telle multiplication des petits boulots, de 5 ou 8 heures par semaine, que la durée moyenne du travail est tombée à 30,3 heures. Création des contrats “Minijobs” (contrat de travail précaire, de courte durée et moins taxé) et des contrats “Midijobs” (salaire compris entre 400 et 800 euros par mois). Jusqu’à 400 euros, le patron est exonéré de charges. Le salarié aussi, mais du coup il ne cotise pas pour la retraite et l’assurance-maladie. En cas de perte de ce boulot, il n’a pas de droit à l’allocation chômage. Il y a 6,5 millions de « mini-jobers » avec des emplois à 400 euros pour 60 h par mois et 7,84 millions d’emplois à temps partiel. En dix ans, l’Allemagne a créé deux millions d’emplois à temps partiel, de courte durée : 18,3 heures en moyenne. Il y a 1 million d’intérimaires ; pour exemple, l’usine BMW de Spandau n’a pas embauché de CDI depuis 2001, et 26% de ses salariés sont intérimaires.
Baisse des salaires : le salaire moyen a baissé de 4,2% en dix ans. L’espérance de vie des personnes aux plus faibles revenus est passée de 77,9 ans à 74,1 ans en seulement 9 ans (2001 à 2010). Seulement 26,4% des personnes âgées de 60 à 64 ans occupaient en mars 2011 un emploi soumis à cotisations sociales. Moins de 19% occupaient un emploi à temps plein. Rappelons que ces mêmes séniors ont vu l’âge de départ en retraite reculer… sans pour autant trouver du travail. Le développement de l’épargne-retraite privée est par ailleurs encouragé avec la mise en place d’un système complémentaire de pensions privées par capitalisation avec incitations fiscales. Selon le ministère des affaires sociales, plus de 660 000 séniors de 65 à 74 ans ont un emploi à temps partiel pour compléter leur pension.
Le chômage : Seule la 1ère année de chômage est indemnisée. La 1ère année de chômage est indexée sur le dernier salaire ; ne peut toucher cette allocation que celui qui dispose de moins de 9750 euros d’économies, sinon il faut vivre sur ses avoirs. Les chômeurs de moins de 25 ans qui vivent chez leurs parents voient leur indemnité baisser de 20%. Au-delà d’une année, les chômeurs ont droit à une allocation de 370 euros, somme modulée en fonction des revenus du couple, de son patrimoine et du nombre d’enfants – une partie du loyer et du chauffage est remboursée par l’agence pour l’emploi – à condition d’accepter les emplois qui leur sont proposés. L’allocation est réduite de 60% en cas de deux refus la même année. Elle est supprimée au troisième refus. Y compris si l’emploi est en dessous de la qualification. La prostitution étant légale en Allemagne, une chômeuse a été radiée pour avoir refusé d’être secrétaire dans un bordel…
Les « Jobs à 1 euro de l’heure » ne peuvent être refusés par les chômeurs (qui du coup sortent des statistiques du chômage). Un service de l’emploi scandaleusement intrusif : des agents s’invitent au domicile des chômeurs, épluchent les relevés de compte, ouvrent les frigos pour voir si il y a des dépenses inconsidérées, vérifient que vous êtes bien en colocation et non en couple…
Des écoles qui préparent les enfants à une vie de précaire : dans une école spécialisée pour enfants en difficulté à Bochum, les enfants et ados apprennent comment composer un petit déjeuner pas cher en utilisant les promotions, à meubler un appartement de 40m2…
Cerise sur le gâteau, l’Organisation internationale du travail affirme dans un rapport récemment publié que la politique allemande de compétitivité est « la cause structurelle » de la crise en zone euro ! Il faut refuser de suivre cette voie !
 Sources : Spiegel, Organisation internationale du travail, OCDE, Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung, Ministère du travail allemand, Rue 89, Marianne, CIDAL

mercredi 30 mai 2012

Bill Bonner : 100 millions d’Américains sont sans emploi



“100 millions d’Américains sans emplois”…
Business Insider nous en dit plus :
“Le taux de chômage [américain] attire beaucoup l’attention, et ces derniers temps, on s’est particulièrement penché sur le taux de participation de la main-d’oeuvre, dans la mesure où beaucoup d’Américains ont abandonné la recherche d’emploi. [Cependant], nous pouvons également constater que pas moins de 100 millions d’Américains n’ont pas d’emploi… Selon les chiffres d’avril, le nombre d’Américains au chômage atteint les 100,9 millions”.

Lire l'article de Bill Bonner : La chronique Agora

Emmanuel Todd VS Nicolas Sarkozy : 5 ans d'amour


Emmanuel Todd VS Nicolas Sarkozy : 5 ans d'amour par Escartefigue51

Petit florilège de quelques critiques d'Emannuel Todd lancées à l'adresse de Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat.
Après la démocratie (2008)

mercredi 16 mai 2012

Todd : "les dirigeants allemands vont toujours plus loin dans la menace qu’ils ne le peuvent"

 L'anthropologue et historien français Emmanuel Todd.
Image: Steeve Iuncker-Gomez

Dans « Après la démocratie », vous avez analysé l’élection de Nicolas Sarkozy comme un symptôme des maux de la société française. Que dire de celle de François Hollande, investi hier? Cette élection est très importante. On a dit que c’était un référendum pro ou anti Sarkozy. C’était de fait un référendum sur l’identité nationale avec cette question: Qu’est-ce que la France ? La France est-elle encore celle de l’idéal de 1789 ou se définit-elle aujourd’hui, dans un espace mondialisé, sur des critères ethniques ? A mes yeux, Nicolas Sarkozy qui a fait une campagne à l’extrême droite, dans ce que j’appelle une pédagogie du mal. Il a été le candidat d’une pathologie, d’une déviation de ce qu’est la tradition nationale porteuse d’universalité et d’égalité. François Hollande a fait sourire en se déclarant un président normal. Il était en fait celui de la normalité nationale. Et il a d’ailleurs fait campagne sur ces thèmes. Il y a une illusion dans la démocratie. Les gens pensent qu’ils ont choisi un homme, mais en réalité les Français ont dit ce qu’ils étaient. Un peuple qui vote, dit comment il se juge lui-même. Le résultat a été tangent. Mais les grandes décisions historiques ne se prennent pas à une large majorité.
Pensez-vous que le couple franco-allemand peut rester le pilier de l’Union ? La réconciliation franco-allemande après la guerre, il fallait la faire. Mais, se réconcilier, ce n’est pas décider qu’on est pareil. L’histoire de l’Europe, c’est ça. Au départ, c’est un projet construit sur un modèle franco-compatible, avec des nations à égalité de voix, quelle que soi leur taille ou leur puissance. Avec la mise en hiérarchie des pays membres avec l’Allemagne au sommet, la France en brillant second et les pays latins en queue de liste, on est passé à un modèle plus hiérarchique, à une conception plus allemande, du point de vue des rapports entre structures familiales et idéologies. Mais l’Allemagne n’a pas de véritable aspiration à la domination. Le problème de ce type de société construit sur le modèle autoritaire, c’est que quand il n’y a plus personne au-dessus d’eux, cela peut déraper. Or, l’Allemagne c’est largement émancipée des Etats-Unis. Même Brzezinski pose la question d’une tentation, d’un retour d’une politique bismarckienne de puissance indépendante, avec les accords stratégiques sur l’énergie avec la Russie, par exemple. Il y a des signes qui montrent qu’elle se comporte comme une grande puissance maintenant. Il n’y a pas que les diktats à la Grèce. En revanche, les Japonais, qui ont aussi une structure autoritaire, ne veulent plus être en situation de domination et ont fait le choix d’être le petit frère des Etats-Unis.
Vous faites le constat d’un échec de la monnaie unique. L’Allemagne menace aujourd’hui la Grèce d’une sortie de l’euro. Cela signifie quoi pour vous ?
D’abord, il faut savoir que si l’euro s’effondre, c’est l’Allemagne qui sera le pays le plus touché parce qu’il est le pays le plus exportateur. En 1929, ce sont les Etats-Unis et l’Allemagne qui ont souffert le plus du krach boursier parce que ces deux pays étaient les deux plus grandes puissances industrielles de l’époque. Les Allemands ont parfaitement compris qu’avec un retour aux monnaies nationales, tout le monde va dévaluer autour d’eux pour se protéger des exportations allemandes. Et l’Allemagne retrouve le mark et est étranglée. C’est pour cela que les dirigeants allemands vont toujours plus loin dans la menace qu’ils ne le peuvent. La réalité c’est que les gens qui sont vraiment traumatisés par la disparition de l’euro, ce sont les dirigeants allemands. En revanche, les Grecs et les Français veulent rester dans l’euro pour des raisons plus irrationnelles. Parce qu’il y a un côté magique à la monnaie, parce qu’ils n’y comprennent rien. Ils ne se rendent pas compte que la fin de la monnaie unique leur ferait beaucoup de bien.
Vous dénoncez une sorte de complot de l’oligarchie financière et mondialiste contre la démocratie. Faites vous du Davos du Forum mondial ou de la Genève de l’OMC, des capitales de ce que vous détestez ?
D’abord Davos, ça n’a pas beaucoup d’importance. Quant à Genève, ce n’est pas seulement l’OMC, c’est aussi le siège de l’Organisation internationale du travail et de nombreuses institutions internationales. . L’OMC , ce n’est pas le problème. Si on passe au protectionnisme régionalisé, il faudra juste virer Pascal Lamy. Le problème, c’est le libre-échangisme actuel de l’OMC. Quant à Genève, c’est une grande ville francophone qui a un tel rôle international. Genève est une vraie chance pour la France. Si la France veut se suicider elle n’a qu’à critiquer Genève. Ou Bruxelles. La France doit immensément plus qu’elle ne le croit à ces deux grandes villes francophones qui échappent à l’influence de Paris. Car sans elles, avec son centralisme, la France serait morte depuis longtemps.

 (TDG)

lundi 14 mai 2012

Le génie de Neuilly (suite) : Air Sarko One, l'Airbus d'occasion qui coutait plus cher que le neuf


Rappelons-nous cet exploit (parmi tant d'autres) du génie de Neuilly cité par la cour des comptes :
Pressé d’avoir son avion, Sarkozy a acquis un Airbus ancien au prix du récent…et a dû acheter des moteurs neufs pour 23,4 millions d’euros
 Nicolas Sarkozy, pressé de renouveler la flotte gouvernementale, a acheté un avion ancien au prix du récent. Rien de grave, s’il n’avait pas fallu in fine acheter des moteurs neufs. Surcoût de l’opération, 23,4 millions d’euros, selon le rapport de la Cour des comptes, qui détaille le financement du nouvel A 330-200 de l’Elysée. Petit retour sur une saga, débutée le 15 février 2008. Ce jour là, le chef de l’Etat major particulier de Nicolas Sarkozy notifie à Matignon la décision de renouveler la flotte gouvernementale, avec une exigence de délais : le nouvel avion du président doit être prêt à l’été 2010. De cette exigence vont naître de considérables surcoûts. Au lieu de lancer un appel d’offres conforme au droit commun, la direction générale de l’armement a préféré une procédure de marchés négociés avec mise en concurrence mais sans publicité préalable, explique la cour des comptes. « Sur les trois sociétés sollicitées, Airbus, Air France Industries et Sabena Technics, les deux premières se sont désistées moins d’un mois après la réception du dossier de consultation », écrit la Cour des comptes. Les risques financiers et de délais étaient pour elle très importantes. C’est donc la société Sabena Technics qui a remporté le marché, car elle savait qu’elle pourrait acquérir un Airbus A330-200 auprès d’une entreprise de location ILFC. Vendu par ILFC 45 millions d’euros, l’avion est finalement acheté 50 millions d’euros par l’Etat. Premier surcoût identifié par la Cour des comptes, 5 millions d’euros. Mais le plus gênant n’est pas là. L’Etat a acheté un avion mis en service en 1998 qui totalisant 50 000 heures de vol, alors qu’Air France avait proposé en avril 2008 d’acheter un Airbus A330-200 mis en service en 2003 et totalisant 15 000 heures de vol pour un prix compris entre 46 et 50 millions d’euros. Dans son art consommé de la litote, le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud écrit que « le prix payé par l’Etat a donc correspondu à la limite haute d’une fourchette applicable à un avion plus récent de cinq ans et ayant trois fois moins d’heures de vol ». Bref, l’Etat a acheté du vieux au prix du récent, et cela a fini par lui coûter 23,4 millions d’euros. En effet, échaudé par des incidents intervenus sur les moteurs des vieux A319 gouvernementaux, l’Elysée a demandé de « fiabiliser » les deux moteurs de l’A330 « afin d’exclure tout risque de défaillance ». Le devis présenté par Sabena Technics oscillant entre 23,7 et 30,1 millions d’euros, il a finalement été décidé d’acheter des moteurs neufs pour un coût net de 23,4 millions d’euros, ce qui a accru le coût du marché de 9,7%. Tout compris, l’avion a finalement coûté 259,5 millions d’euros, contre 226 millions prévus initialement.

samedi 12 mai 2012

Emmanuel Todd : le temps joue contre l'Allemagne

Pour Emmanuel Todd, François Hollande doit avant tout gagner du temps. Il doit d'abord expliquer à la Chancelière qu'il a devant lui des élections législatives décisives et qu'il serait suicidaire pour lui de rentrer de Berlin les mains vides. Une fois reportée l'échéance de négociation, Todd propose de prendre langue avec Madrid et Rome afin de montrer qu'une coalition européenne peut se former en dehors de l'Allemagne : « François Hollande peut tout à fait profiter d'une conjoncture exceptionnelle par laquelle l'Espagne, traditionnellement plus proche de l'Allemagne, peut basculer du côté de la France. Parallèlement, il serait bon de développer un projet franco-anglais de nouvelle règlementation bancaire séparant banque d'investissement et banque de dépôt puisque les Français et les Anglais ont sur ce point des points de vue convergents. » Bref, il s'agit pour l'historien de « faire douter l'Allemagne » et de montrer, de façon indirecte, à ses dirigeants que la France peut être un leader européen alternatif s'il s'avérait que, décidément, la politique économique imposée par l'Allemagne mène ses voisins dans le mur en provoquant la colère des peuples. L'inextricable situation dans laquelle est plongée la Grèce pourrait d'ailleurs contribuer à accentuer le doute. D'autant que les banques allemandes sont très exposées à la dette grecque (113 milliards d'euros, selon la Banque des règlements internationaux ). Pour résumer la pensée d'Emmanuel Todd, il convient donc de mettre en place progressivement « une stratégie d'isolement de l'Allemagne » en ayant conscience de ce que le temps, avec le développement de la récession, « joue contre elle ».

Marianne2